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Antibes, vue du plateau Notre-Dame

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Antibes, vue du plateau Notre-Dame

Claude Monet, Antibes vue du plateau Notre-Dame, 1888, Boston, Museum of Fine Arts

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Cette vue d'Antibes depuis la montagne est créée par Monet lors de son deuxième séjour dans la ville. Il joue avant tout sur l'ampleur d'une vue panoramique, repoussant Antibes dans les lointains, au pied des pentes de la montagne, monumentale. Y répond l'arbre du premier, vu de si près qu'il semble cacher entièrement son sommet le plus haut. De ce décalage de plans, l'artiste tire une impression d'intimité : nous sommes lovés au sein d'une nature luxuriante, de la même manière que la ville se niche au coeur de la baie. Par l'accentuation des horizontales et des courbes douces des premiers plans, Monet parvient à une grande sérénité. La seule verticale du premier plan, reprise au loin par les clochers de la ville, contribue à cet équilibre parfait. La clarté de la lumière, enfin, par petites touches denses devant, tandis que les fonds sont brossés à larges traits, procure un sentiment aérien de lumière, douce et intense en même temps. Par les petites touches de couleurs claires répétées dans les buissons comme sur les murs d'Antibes, il parvient à faire frémir cet ensemble des reflets changeants de la baie. Face à tant d'harmonie, il est difficile de comprendre l'opposition des contemporains de l'artiste. Cette liberté était en effet comprise comme un manque d'achèvement, voire comme une paresse d'artiste. Si bien que ses marchands, Durand-Ruel le premier, va chercher en Amérique cette clientèle de collectionneurs qu'il peine à trouver en France : exposé en 1883 à Boston pour la première fois, Monet y triomphe rapidement. C'est ainsi que le tableau passe sur le marché américain par l'intermédiaire de son autre marchand, Georges Petit.
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