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Une rue à Barcelonnette

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Une rue à Barcelonnette

Charles Alexandre Bertier, Une rue à Barcelonnette, Années 1880 à 1890

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À la croisée du Dauphiné et des Alpes de Haute Provence, le village de Barcelonnette attire le peintre alpiniste Charles Bertier. Amoureux de la montagne, il n'hésite pas à gravir des glaciers ou à pratiquer la varappe pour atteindre les sommets et les peindre ! Il n'est donc guère étonnant que ce village de montagne ait retenu son attention. Ce sont pourtant les rues et non les sommets qu'il peint ici. Des flancs alpins, nous ne percevons quasiment rien, en fait. Une ombre bleutée disparaît dans une brume de nuages, concentrant ainsi l'attention sur le pittoresque de la ruelle. L'état de délabrement des maisons, l'absence de pavage, la présence des animaux sont ainsi les éléments essentiels du paysage. À l'inverse des paysagistes classiques, qui idéalisent ce qu'ils voient, Charles Bertier peint tout. De telle sorte que cette toile, certainement réalisée dans les années 1880 ou 1890, est un vrai document historique, au même titre qu'une carte postale. Pourtant, Bertier agit bien en peintre, ménageant des effets que la photographie ne saurait rendre. Le vide du premier plan, des lignes de fuite plutôt abruptes, rendent sensible la pente de cette ruelle alpestre. Une touche très visible, une matière dense restituent le désordre de la végétation au premier plan. Mais surtout, le sens de la lumière, claire et transparente, le distingue. Cette transparence qu'il recherchait dans l'air rare des cimes, le peintre parvient à la transposer ici. Il révèle ainsi une influence décisive, celle de Laurent Guétal, peintre et prêtre grenoblois, qui donne une impulsion nouvelle à la peinture de plein air dans cette région.
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