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Sisteron

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Sisteron

Paul Signac, Sisteron, 1902

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Au cours d'un voyage à bicyclette en Haute Provence, en novembre 1902, Signac fait provision d'aquarelles, dont il se sert pour réaliser en atelier de plus grands tableaux. Sisteron fait partie de cette série et répond directement à Castellane, composé de la même manière : deux rocs verticaux encadrant un pont. Ici, la ville de Sisteron sur le sommet de gauche se dore des derniers rayons du soleil tandis que l'ombre froide de l'hiver plonge les flancs escarpés des rocs dans une lueur bleu-violette. La géométrie de la composition est si parfaite que l'on ne peut s'empêcher de penser aux paysages classiques du Lorrain. Le roc de gauche compose un triangle auquel répond le rocher plus vertical de droite. Le petit pont réalise le lien entre les deux et stabilise la composition. La Durance coule paisiblement sous son arche tandis qu'un petit troupeau et son berger, au premier plan, humanisent la scène. Tout évoque les tableaux du XVIIe siècle ! Sauf la touche, bien sûr, qui compose une mosaïque de couleurs vives et unifie la surface, selon la technique divisionniste chère à l'artiste. La montée en puissance des couleurs se tempère ici des teintes plus douces du ciel, qui équilibre lui aussi l'ensemble très vif. Cette toile est importante dans la carrière de Signac : exposée en Allemagne en 1903, elle figure en 1912 dans une exposition essentielle à Cologne en 1912, présentant le peintre comme l'un des pères de la modernité. C'est à ce moment qu'elle entre dans l'une des plus grandes collections allemandes, celle d'Alfred Wolff, banquier et ami de Henry Van de Velde, l'un des pionniers de l'Art Nouveau.
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