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Guillestre

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Guillestre

Guillestre, années 1830-1840

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Probablement réalisée dans les années 1830-1840, cette gravure est représentative des Voyages pittoresques romantiques. À une époque où la photographie en est encore à un stade expérimental, les plus sûrs moyens de fixer le souvenir sont le dessin et la gravure. Celle-ci est bien dans la manière d'un Victor Cassien ou d'un Alexandre Debelle, illustrateurs grenoblois qui ont popularisé ce type d'albums illustrés. C'est un paysage d'un petit village alpin à la porte du Queyras, remarquable par son pittoresque et par son abbaye du XIIe siècle. C'est aussi un carrefour et le point d'accès unique à la vallée du Queyras pendant les mois d'hiver. C'est cette position que l'artiste met en évidence, en faisant converger vers les bâtisses les lignes de fuites des pentes alpines. Bien que petit, en comparaison de la majesté des arrière-plans, il ne paraît pas perdu. Bien au contraire, il est le point de passage obligé, le lieu vers lequel convergent tous les regards, mis en évidence par un contraste de lumières qui fait scintiller les murailles du premier plan tandis que le chemin qui y mène est plongé dans l'ombre. Ce type de paysages marque aussi une évolution, toute romantique, dans l'histoire du genre. C'est un paysage naturel, saisi pour lui-même, qui se développe, en accord avec les grands peintres romantiques de l'époque, et non plus le décor d'une scène historique. Une petite figure sur le chemin humanise l'ensemble mais ne devient pas le prétexte d'une histoire. Avec ces paysages, c'est l'amour de la nature qui éclot dans la peinture, dégagé des contraintes classiques.
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