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Castellane

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Castellane

Paul Signac, Castellane, 1903

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En novembre, 1902, Signac décrit à son ami Edmond Cross le voyage qu'il vient de faire en Haute-Provence : " Une vingtaine d'aquarelles, ça fait six par jour ! J'en étais claqué le soir. Les schémas seront pour Castellane un roc, un pont, le Verdon ". Ces aquarelles prises sur le vif nourrissent donc cette grande composition impressionnante. Le flamboiement des tons et l'intensité de la lumière sont maintenus par la division des touches. Mais la diversité des couleurs est tenue dans une composition très architecturée, dominée par la verticale du rocher. À cette verticale répondent les courbes douces de la vallée qui s'ouvre sur le côté droit, et l'anse du Verdon qui serpente au pied de la muraille. Le contraste des ombres et des lumières participe de cette architecture, créant une alternance de zones froides et chaudes qui composent une véritable géométrie. Cela est d'autant plus efficace que le peintre intensifie les zones de contact et créé ainsi comme un contour plus foncé, comme cette ligne d'ombre sur la muraille éclairée, redoublant dans les points d'outremer au contact de son contraire. On pourrait presque parler d'un sens du paysage classique, à la manière de Lorrain, tant le sens l'architecture du paysage est fort. Mais les contrastes de lumière, l'ampleur panoramique du paysage, lui donneraient presque un air romantique. La petite taille des lavandières au premier plan accentue cela, par cette confrontation d'un être perdu dans une nature immense qui le dépasse. C'est cela, la singularité du tableau, plutôt inhabituel dans l'oeuvre de Signac.
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