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L'aqueduc

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L'aqueduc

C'est ici que Le Nôtre a trouvé l'eau nécessaire pour alimenter les jets d'eau du parterre !

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Nous sommes près du regard de Bacchus, à l'arrivée de l'aqueduc.
C'est ici que Le Nôtre a trouvé l'eau nécessaire pour alimenter les jets d'eau du parterre ! Frédéric Sichet est historien de l'art des jardins.
Tout est caché et effectivement, André Le Nôtre s'est appliqué à mettre en coulisses tout ce qui relève de l'alimentation de ces bassins. Il a récupéré un aqueduc qui existait depuis le début du XVIIème siècle, il l'a modifié légèrement pour le faire sortir au niveau d'une petite construction, une fabrique de jardin qui s'appelle le regard de Bacchus et qui est cachée dans un petit bois et c'est de là que partent toutes les tuyauteries destinées à alimenter les différents jets du grand parterre et du bassin de la Gerbe d'eau.
Et cet aspect n'est pas le plus étonnant. Ces jets d'eau fonctionnent jour et nuit sans le moindre apport d'énergie, sans pompe, sans machine !
Voix de vieil homme qui a l'air sympa (Le Nôtre) fier de lui
Observez bien l'endroit où vous vous trouvez : il est un peu plus haut que les bassins du Grand parterre. C'est la pente qui fait le travail d'une machine ! Et par le savant jeu de la taille des canalisations, la pression monte...
Un principe très simple mais pas si facile à mettre en oeuvre, selon Serge Darroze, responsable du parc de Chantilly.
On sait que le duc d'Aumale avait essayé de restaurer ces jeux d'eau au XIXème siècle et n'avait pas réussi. Les jeux d'eau ne dépassaient pas 1m50. Alors qu'on trouve dans la littérature au XVIIème siècle des chiffres de 15 pieds de haut c'est-à-dire 5m. Bien que nous laissions en place le système du duc d'Aumale, nous le doublons par un système tel qu'il était au XVIIème siècle du moins dans son concept parce qu'en nous avons utilisé des matériaux différents.
Du temps de Le Nôtre, on construisait les canalisations en bois !
Aujourd'hui, on utilise plutôt des matériaux synthétiques pour les portions qui sont enterrées et de la fonte lorsqu'elles sont visibles. La restauration de 2009 s'est voulue fidèle en tout point aux principes de Le Nôtre, qui utilisait ingénieusement le relief. C'est même l'une de ses spécialités selon Frédéric Sichet.
C'était vraiment un génie de la lecture et de l'adaptation et de la prise en main d'un terrain en place, d'une topographie dans l'aménagement et rien ne se fait réellement contre la nature dans le travail de Le Nôtre mais c'est vraiment une utilisation.
André Le Nôtre était particulièrement fier de son travail à Chantilly. Deux ans avant sa mort, il écrit dans une lettre au Comte Portland, une lettre qui reste aujourd'hui au musée Condé :
Voix de vieil homme qui a l'air sympa (Le Nôtre) fier de lui
" Souvenez-vous de tout ce que vous avez vu de jardins en France, Versailles, Fontainebleau, Vaux le Vicomte et les Tuileries ; et surtout, Chantilly... "
Avant de repartir, amusez vous à jeter un oeil à l'intérieur de l'aqueduc. Vous y verrez des graffiti inscrits par les ouvriers du 17ème siècle.
Redescendez le petit chemin jusqu'au canal des morfondus.Continuez à droite en longeant le Bassin du Prince, puis continuez la grande allée en direction du Hameau. Avancez sur ce chemin jusqu'au petit pont qui mène au Hameau. Nous vous y attendons.
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