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La Mosaïque

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La Mosaïque

Nous sommes devant un pavement de mosaïque. Il appartient à la basilique de la fin 5e siècle. Sa découverte pendant les fouilles tient du miracle.

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Nous sommes devant un pavement de mosaïque. Il appartient à la basilique de la fin 5e siècle. Sa découverte pendant les fouilles tient du miracle.
" La mosaïque elle même a été découverte par hasard effectivement... "
Gabrielle d'Archimbaud, professeur émérite à l'Université de Provence et responsable du chantier de fouille de la cathédrale.
" Au cours des travaux, il a fallut supprimer des constructions tardives dont un très gros mur. Et la destruction a permis de découvrir qu'il était élevé au dessus d'un mur beaucoup plus ténu qui recouvrait et protégeait du même coup une surface apparue comme particulièrement lisse, synonyme d'un sol aménagé avec soin. Et en regardant les choses de plus près, on s'est rendu compte que certaines pierres portaient des traces de mortier et même des fragments de mosaïque qui étaient restés incrustés dans le mortier arraché de son support. On ne voit pas quelque chose qui brille, on voit quelque chose qui est lisse, anormalement lisse et qui mérite une attention particulière. Un chantier de fouille est un chantier de travail et de destruction. On est au milieu de la poussière, on sait à peu prés ce qu'on détruit mais on ne sait pas ce qu'on va découvrir en dessous. C'est toujours l'inconnu ".
Ce jour là, Gabrielle d'Archimbaud ordonne l'arrêt du chantier. Toutes les machines stoppent et une fois la poussière dissipée, on décide de sauvegarder minutieusement ce tapis de sol. En périphérie, des motifs polychromes aux formes géométriques apparaissent. Ils sont plutôt répétitifs.
Les archéologues découvrent aussi au centre, de grands médaillons circulaires à priori complexes à réaliser. Certains détails sont comparables à des oeuvres trouvées notamment dans le sud ouest de la France ou en Italie. Par exemple, la végétation à baies rouges qui s'échappe de l'un des vases peut rappeler des schémas utilisés dans le monde byzantin comme à Madaba en Jordanie au 6e siècle. Cette découverte permet de comprendre un peu mieux l'importance qu'avait la cathédrale au 5e siècle :
" Bien sûr. Ce n'est pas une église secondaire qui peut se permettre de tels décors. Il y a un contraste évident entre la maitrise réelle des artisans qui ont réalisé la mosaïque dans sa majeure partie. Ils savaient très bien reprendre des éléments décoratifs de l'Antiquité. Et ils en maitrisaient toutes les difficultés. Ils étaient beaucoup plus hésitants lorsqu'il s'agissait de créer des motifs. Nous sommes dans la période de la fin de l'antiquité et le début du très haut Moyen Age. Un période où les capacités décoratives deviennent déjà plus réduites. C'est pour cela que cette mosaïque est particulièrement précieuse. "
Au final, c'est une mosaïque de 4 mètres 60 de large sur 3 mètres environ de longueur qui est dégagée. A l'origine, elle était beaucoup plus grande. Peut-être deux fois plus grande. Mais pour aménager différemment la cathédrale, le tapis a malheureusement été détruit.
Il a été réalisé avec des matériaux locaux qui permettent ce mélange de couleurs : le gris et le noir des schistes, le rouge de la terre cuite, le blanc du gypse, et le jaune de l'argile.
Pour protéger cette découverte de l'humidité, des travaux d'isolation assez complexes ont été réalisés en creusant sous la mosaïque.
Avant de rejoindre la prochaine étape, ne manquez pas de faire un détour par la chapelle basse du clocher de la cathédrale actuelle. C'est juste derrière vous.
Ensuite quittons la crypte et remontons vers l'actuelle cathédrale.
Merci de continuer votre visite, A tout de suite !
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