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La Cathédrale actuelle

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La Cathédrale actuelle

Cette cathédrale a été construite ou reconstruite d'Est en Ouest au 13e siècle après un violent incendie de la fin du 12e siècle.

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Nous sommes dans la cathédrale de Notre Dame du Bourg.
Placez vous dans l'entrée principale face à la nef.
Cette cathédrale a été construite ou reconstruite d'Est en Ouest au 13e siècle après un violent incendie de la fin du 12e siècle qui a détruit l'édifice dont vous venez de voir les restes dans la crypte. Le chantier de construction a été très long, une centaine d'années.
Les archéologues sont d'autant plus convaincus de la durée du chantier que les techniques de construction ne sont pas les mêmes. A l'Est, les murs reposent sur des fondations peu soignées. A l'ouest, elles sont très profondes.
Jean-Claude Golvin nous explique :
" Pour arriver à faire les nouvelles travées, il faut détruire celles qui existent. Ca n'avance pas toujours de telle manière qu'on arase tout l'édifice. On démolit un morceau et on en construit un autre. Ca avance comme ça de façon un peu pragmatique. Alors ça nous surprend parce qu'aujourd'hui on ne procéderait pas comme ça. D'abord les chantiers sont très très longs. Mais aussi on veut utiliser la cathédrale. Donc on fait le choeur le plus rapidement possible pour avoir une petite cathédrale, déjà utilisable. Et puis après, elle est de plus en plus grande, de plus en plus belle au fur et à mesure que l'on progresse. Donc on fait une travée, on couvre et ça y est, on peut utiliser l'édifice en attendant que le chantier progresse. Car là, sur certains chantiers médiévaux ça peut durer plus d'un siècle ".
Jean-Claude Golvin, a aussi reconstitué la cathédrale en dessin :
" Il était intéressant de la représenter en chantier. Le principe de la cathédrale qui évolue depuis le choeur vers la façade. Et également ça permettait de restituer le clocher qui aujourd'hui n'est plus conservé sur toute sa hauteur d'origine. La partie centrale en cours de construction, déjà très avancée pour que l'on voit toutes les grues, tous les engins, les coffrages, le maximum de détails techniques ".
Plus de 600 ans après la fin de la construction de cette cathédrale typiquement romane avec ses quatre grandes travées, une restauration devient indispensable.
" Son état était préoccupant à plusieurs niveaux ".
Fransesco Flavigny, architecte en chef des Monuments Historiques.
" La principale préoccupation était un état d'instabilité. On s'est aperçu que la cathédrale se déversait. Les deux grands murs latéraux avaient pris pratiquement 20 centimètres de déversement sur l'extérieur. Quand le sol était sec, il portait. Et dés qu'il était humide, il ne portait plus. Et là on avait des déversements. Si on n'avait rien fait, la cathédrale aurait continué à se fissurer.  Elle ne serait pas tombée demain, ni après demain. Mais on avait déjà pas mal de fissures dans tous les sens, et on en aurait eu de plus en plus".
Un grand chantier commence donc. Il faut d'abord reporter les charges de la toiture sur les murs latéraux et non plus sur la voûte. Contre l'humidité, la nappe aquifère qui coule sous la cathédrale est rabattue pour maintenir un niveau d'eau compatible avec le niveau des fondations.
Il est aussi décidé de creuser la nef sur 1m20 pour redonner à la cathédrale son élévation d'origine. Les archéologues procèdent alors à la fouille nécessaire et découvrent les vestiges des édifices précédents.
Pendant ces longs mois de chantier, l'âme d'un homme a certainement plané ici. Celle de Pierre Gassendi, prévôt du chapitre au 17e siècle et illustre savant.
Né près de Digne en 1592, l'homme a d'abord enseigné la théologie à ses confrères les chanoines. Il finit par les diriger en tant que Prévost à l'âge de 48 ans. Gassendi est un génie : mathématicien, philosophe et même astronome. Il mérite donc bien ce privilège d'avoir un cratère de la lune à son nom.
Pierre Gassendi était aussi un homme de culture qui aurait peut être apprécié l'Art Contemporain introduit dans la cathédrale après sa rénovation. C'est en effet l'oeuvre d'un artiste canadien passionné de mathématique et de physique. David Rabinowitch a réalisé ici notamment les vitraux. Tous sont uniques.
" Chaque vitrail est constitué d'un verre blanc dépoli, et d'une cive... "
Nadine Gomez, conservateur en chef du musée Gassendi
" Une cive, c'est un disque plat soufflé à la main. Et chaque cive est colorée avec une couleur différente. Quand on s'avance de l'entrée dans la nef, le matin, la couleur monte au fur et à mesure qu'on progresse dans le cheminement ".
En concertation entre le ministère de la culture et le diocèse de Digne, le réaménagement de l'espace liturgique a été confié au même artiste David Rabinowitch, réputé pour des études qu'il a conduites à Cologne sur les églises romanes. Dans un souci de cohérence esthétique il a conçu aussi l'ensemble du mobilier liturgique : l'autel, l'ambon, la cathèdre mais également les sièges, le chandelier pascal, le tabernacle, la croix et une très grande tapisserie de 25 mètres carrés, fabriquée à Aubusson située sur le fond du bras nord du transept.
Les 12 symboles incrustés au sol ont également été conçus par cet artiste. Observez bien les figures dans l'allée d'Ouest en Est. Additionnez les côtés de chacune des figures géométriques: 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8. Vous obtenez l'âge du Christ lors de la crucifixion : 33 ans.
Ces oeuvres contemporaines nous ramènent donc à notre siècle. La visite se termine et nous a fait parcourir 2000 ans d'Histoire. N''hésitez pas à vous renseigner sur les autres richesses de la ville. Après avoir rapporté les Ipod Touch au comptoir d'accueil, vous pourrez ainsi visiter la cathédrale gothique St Jérôme, le musée Alexandra David Neel, le musée Gassendi, la Réserve Géologique et son jardin des papillons.
Nous vous souhaitons de passer un agréable séjour à Digne ou d'autres découvertes vous réservent encore bien des surprises.
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