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Les prés tourbeux et le blanchiment sur pré

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Les prés tourbeux et le blanchiment sur pré

Des prés qui lavent plus blanc que blanc

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Regardez bien la prairie droit devant vous.
Vous voyez ces quadrillages au sol ?
Ce sont les anciens fossés creusés par les blanchisseurs pour " faire vivre l'eau ". La faire s'écouler librement si vous préférez.
Dès la fin du 18ème siècle, le paysage de la vallée va être profondément modifié par l'activité dite de " blanchiment sur prés " liée à la parfaite qualité de ses eaux.
Alors ses eaux sont de très très bonne qualité tout simplement parce que justement on a fait vivre les eaux, une eau qui vit qui coule est toujours très propre.
Ch'mariel est conteur. Il anime dans la réserve des visites en picard.
Et puis surtout il y a de nombreuses sources dans cette réserve et ces sources sont d'une limpidité incroyable. Pour ce qui est de la qualité, elles sont chargées de calcium, nous sommes dans un terrain crayeux, et de ce fait elles sont d'une haute teneur en calcium qui permet justement de blanchir le drap.
Deux types de blanchiment étaient pratiqués dans les prés : celui du linge de maisons et celui de toiles.
Quelques trous dans la plaine marécageuse et une végétation fauchée régulièrement pour la maintenir rase et le tour était joué
Les blanchisseurs trempaient le linge, le drap, le textile dans ces fossés et ensuite ils les étendaient sur la prairie entre deux fossés. Et puis là le soleil faisait son travail. Ca séchait le drap et bien sûr les minéraux restaient à l'intérieur et blanchissaient le textile.
Un blanchiment 100% naturel dont la prairie a conservé la trace, mais pas seulement.
Les maisons de Boves portent elles aussi les marques de cette activité qui a fait la renommée de la région.
Les maisons, tout simplement, au premier étage, possédaient un grenier. Ce grenier était aéré grâce à des trous à claire-voie qu'on appelle " essue " d'ailleurs en picard, et qui laissent passer cet air, créant un courant d'air à l'intérieur même du grenier. Et on étendait le drap qui séchait dans ces " essues ". Alors si on voit des maisons avec des fenêtres très très basses par rapport au plancher au premier étage, on est à peu près certain que c'est là qu'on faisait sécher ces fameux draps. Les trous à claire-voie ont été bouchés, remplacés par des fenêtres et puis on a laissé ça comme ça.
La dernière des blanchisseries de Boves a fermé au début des années 2000...
Mais leurs souvenirs continuent de vivre dans la terre tourbeuse des prairies marécageuses.
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