La réserve naturelle nationale de l'étang Saint Ladre >

Huit siècles d'exploitation de la tourbe.

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Huit siècles d'exploitation de la tourbe.

Un étang aux formes géométriques, vestige de huit siècles d'exploitation de la tourbe.

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Nous voici devant l'étang Saint-Ladre, qui a donné son nom à la réserve.
Ses contours strictement géométriques, comme tirés au cordeau, proviennent de l'extraction de la tourbe pendant près de 8 siècles, jusque dans les années 1920.
On se servait de la tourbe comme combustible. Mais au juste, la tourbe c'est quoi ? Et pourquoi ça brûle ?
Pierre Dron, vice président du conservatoire d'espaces naturels de Picardie.
C'est de la matière végétale qui s'est accumulée, qui s'est tassée, qui s'est compactée et qui ne s'est pas décomposée surtout. En temps normal, quand la matière végétale est à l'air libre, elle se décompose très rapidement. Ici donc elle s'est accumulée et comme elle était sous l'eau où il y a très peu d'oxygène, et bien elle n'a pas pu se décomposer. Et donc elle est restée riche en matière organique et elle peut effectivement servir de combustible.
L'exploitation de la tourbe pour le chauffage a connu un regain d'activité au début du 18ème siècle quand le prix du bois, devenu rare suite au défrichement de la plaine picarde, est monté en flèche.
Et c'est fin 18ème, qu'Eloi Morel, natif de Thézy-Glimont, près de Boves, inventa le grand louchet : une version améliorée, " rallongée ", du louchet. Cet outil ne permettait l'extraction de la tourbe qu'à une faible profondeur.
Alors le grand louchet, com-ment-ça-marche ? Les explications de Gaétan Rivière, chargé de la gestion de la réserve au Conservatoire d'espaces naturels de Picardie:
Voilà. On ne l'utilise plus beaucoup maintenant le grand louchet mais c'est une bêche redoutable en fait. C'est, pour simplifier, une bêche équipée de rebords, de chaque côté, métaliques qui font à peu près 12 cm de hauteur. Et on enfonce, à la verticale, cette bêche-là dans le sol tourbeux. Et on décolle comme ça un espèce de pain ou de gros lingot noir de tourbe. Et en tirant la bêche à soi et puis derrière soi en reculant un peu, finalement, on rapporte sur la rive de l'étang ce pain de tourbe.
On assemblait alors ces pains en piles pour les sécher au vent, abrités de la pluie sous un toit de roseaux.
Outre le chauffage individuel, la tourbe alimentait aussi les chaudières des blanchisseurs.
Elle servait également d'engrais après brûlage à l'air libre.
Mais avouons que ce combustible très utilisé était finalement peu pratique : non seulement il était malodorant et encombrant, mais aussi très peu calorifique.
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