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La Grosse Cloche

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La Grosse Cloche

Se tenait autrefois l'imprimerie qui a publié les célèbres Essais de Montaigne !

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Nous sommes face à la grosse cloche, du côté de l'horloge.
Montaigne : Je me présente : Michel Eyquem alias le seigneur de Montaigne, élu maire de cette belle cité par l a Jurade en 1581.
La Jurade ? C'est le nom des magistrats oe des Jurats oe qui administre avec moi la ville, si chère à mon coeur, sous la mouvance anglaise depuis qu'Henry Plantagenêt époux d'Aliénor d'Aquitaine, fut nommé roi d'Angleterre en 1154.
Lorsque je fus élu maire, j'ai lutté de toutes mes forces contre la pauvreté. Être maire au temps des guerres de religion n'était pas de tout repos, mais je pus, à force de courage et d'habileté, épargner Bordeaux des luttes entre catholiques et protestants. Et c'est peut-être pour cela que je fus réélu en 1583. J'ai d'ailleurs écrit dans mes Essais à propos de ma fonction : C'est une charge qui doit sembler d'autant plus belle qu'elle n'a ni loyer ni gain autre que l'honneur de son exécution.
Dans la rue Saint James que vous avez emprunté se tenait autrefois l'imprimerie qui a publié les célèbres Essais de Montaigne !
Au 13 e siècle, ce ne sont pas 2 tours mais 6 qui protégeaient cette cloche ! Sont poids est de... 7750 kg !
La grosse cloche est pendant longtemps le beffroi de Bordeaux et sur sa corolle de bronze, on peut lire : J'appelle aux armes, j'annonce les jours, j'indique les heures, je chasse les nuages, je célèbre les fêtes, je pleure les morts.
? gauche du monument, vous voyez l'église Saint Eloi ? C'est là que les Jurats prêtaient serments de fidélité à leur ville, à leur maire et sur le Christ dit de la Jurade .
Philippe Prévot , responsable du service du patrimoine à l'office de tourisme, détaille le monument de haut en bas. Levez les yeux vers les deux tours
Ces deux enceintes protégeaient un quartier habité par les Jurats, les artisans et les commerçants et où s'élevaient aussi des oustos . Les oustos , ce sont des résidences fortifiées des plus riches familles de la ville.
En dessous, sur la balustrade, les armoiries de la ville ?
Sur les armoiries de la ville figurent les fleurs de lys qui représentent les armes du roi de France. Le léopard anglais, le souvenir de la période anglo-gasconne . Le château lui reproduit les murailles de la ville et le beffroi de l'ancien hôtel de ville. Enfin le croissant figure la courbe de la Garonne décrite devant Bordeaux.
Et la devise de ce blason est : Les lys seuls règnent sur la lune, les flots, le château et le lion.
Regardez bien l'horloge à présent
Au-dessus de l'horloge refaite par le mathématicien et l'astronome Paul Laroque en 1759, on aperçoit un fronton en demi-lune. Il s'agit en fait d'un cadran à équation solaire. La durée, effectivement entre deux passages du soleil n'étant pas exactement de 24 heures en fonction des saisons, ce cadran gradué permettait de retrancher ou d'ajouter quelques minutes à l'heure indiquée sur l'horloge. D 'après les spécialistes, ce mécanisme serait unique dans le sud de la France.
En revenant sur vos pas, vous passerez devant le n? 86 de la rue du Pas Saint-Georges. Une plaque rappelle que c'est là qu'est né le grand écrivain du 20 e siècle, François Mauriac.
Membre de l'Académie française et prix Nobel de littérature en 1952, Mauriac a toujours été fidèle à sa Gironde natale. Il a écrit de très belles lignes sur Bordeaux.
Extrait du livre Commencements d'une vie
Bordeaux est sans profondeur car la ville s'étire avec ses immenses façades. Comme si toutes ses maisons souhaitaient contempler l'autre rive : même dans le centre de la ville, vous apercevez toujours, à l'extrémité d'une rue, des agrès, une voile, des mâts ; la nuit, des sirènes déchirantes réveillent en sursaut l'enfant, dans les quartiers les plus éloignés du port, appellent ses songes sur une eau noire et glacée.
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