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Rue des Teinturiers

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Rue des Teinturiers

La rue des Teinturiers a gardé son visage du 18ème siècle.

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Nous sommes rue des teinturiers, sur le petit pont, face à la roue à aube
La rue des Teinturiers a gardé son visage du 18ème siècle. Déjà à cette époque, la rue pavée longe le canal, les arbres protègent des feux du soleil. ? leur ombre, les femmes, les enfants nettoient et rincent les écheveaux. Nous sommes à l'apogée de la fabrication des toiles d'indiennes.
La lavandière : J'arrête une seconde... Je suis morte !
Le tisserand : Pas trop longtemps quand même. Faut assurer les commandes !
La lavandière : On peut dire merci au roi de France d'avoir interdit le travail de la toile des Indes dans son royaume.
Le tisserand : Faut dire que les Indiennes, beaucoup moins chères, font sérieusement concurrence à la soie.
La lavandière : Ça, c'est un vrai changement pour les marchands d'étoffe, et pour nous aussi... ( rires ) ... Les interdits du royaume font le bonheur d'Avignon, notre belle cité indépendante.
Le tisserand : C'est vrai qu'il fait bon vivre ici... Pas de censure. Les livres censurés en France sont imprimés chez nous. Et ce tissu tout nouveau qui se développe de façon fulgurante ...
La lavandière : ...Ajoute à la prospérité de la ville...
Le tisserand : ... Et fait de nous des Indienneurs . Et grâce aux fleurs de Provence, nous donnons à l'étoffe, les couleurs les plus belles et les plus vives qui soient...
La lavandière : Aller, retourne à ton métier à tisser. Moi, j'ai encore plein d'écheveaux à laver !
Les toiles d'indiennes sont les ancêtres lointains des tissus de Provence, célèbres pour leurs couleurs chaudes et leurs motifs : des abeilles, des olives ou encore des fleurs de tournesol...
Quant aux roues à aube comme celle qui est devant nous...
En 1817, il y en a 23 dans la rue !
Elles sont reliées à des mécanismes souterrains qui actionnent et accélèrent - comme pour un moulin - la cadence des métiers à tisser installés dans les maisons de la rue.
Au siècle dernier, l'eau du canal qui ne cesse de chanter grâce aux roues, donne peut-être une idée à un entrepreneur célèbre établi dans la rue - un certain Monsieur Pernod ... l'ancêtre du Pastis !
Retournez-vous et regardez dans la direction opposée à la roue. Le long du canal, vous apercevez des colonnes roses qui ornent l'entrée d'un édifice. C'est la chapelle des Pénitents gris.
Un étrange miracle s'y déroule en 1433...
Vous voulez connaître l'histoire ? la voici :
L'histoire se passe en plein hiver, au mois de novembre 1433. La sorguette vient de déborder et l'eau inonde déjà la rue des Teinturiers. Le Sacristain qui désire plus que tout sauver le Saint Sacrement, brave les eaux et se précipite dans la chapelle. Lorsqu'il pénètre dans les lieux, les flots s'écartent devant lui comme devant Moïse, et lui ouvrent un passage jusqu'à l'autel. C'est le " Miracle des eaux ". Depuis, chaque année, le 30 novembre, une messe est dite en souvenir.
Plus loin encore, au début de la rue à l'angle mais vous ne pouvez pas encore le voir d'ici, il y a le couvent des Cordeliers avec sa grille devant.
Au 13 ème siècle c'est une église gothique méridionale de grande dimension, il n'en reste aujourd'hui que le clocher.
Il paraît que quelqu'un de célèbre est enterré là !
C'est la belle Laure de Noves, la muse de Pétrarque, le grand poète italien ...
Pétrarque : Madame, je me souviens vous avoir vue...
Laure de Noves : ...? l'église Sainte-Claire d'Avignon...
Pétrarque : J'ai appris que vous étiez mariée...
Laure de Noves : Et vous poète ...
Pétrarque : Nos amours furent platoniques...
Laure de Noves : Mais néanmoins lyriques ... Lisez-moi quelques-uns de vos vers...
Pétrarque : Ils vous sont adressés...
Laure de Noves : Je sais... Lisez, s'il vous plaît...
Pétrarque
"Je vois et n'ai point d'yeux, et sans langue je crie ;
Et je désire périr, et demande de l'aide ;
Et pour moi je n'ai que haine et pour autrui d'amour
Je me repais de ma douleur, et en pleurant je ris ;
Également m'insupportent vie et mort ;
En cet état, je suis Madame, pour vous."
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