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La Route de la Mort

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La Route de la Mort

L'importance tactique de la route en tant que voie de communication principale vers les champs de bataille de Pozières

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Vous êtes sur la Route de la Mort. Les soldats qui ont survécu aux attaques britanniques ayant échoué, se sont regroupés derrière leur ligne de front, sur ce chemin long de 500 mètres et légèrement creux. Les abris britanniques s'alignaient de chaque côté, dans les talus.
A partir du 19 juillet 1916, les australiens s'installent sur la ligne de front et dans les abris, en vue de l'attaque qui doit être menée sur Pozières, le 23 juillet, par la 1ère Division australienne.
Le flanc gauche de l'attaque part de la ligne de front britannique traversée par la Route de la Mort, 300 mètres plus loin. Cette offensive permet de prendre Pozières d'ici et jusqu'à la route Albert/Bapaume.

Une fois l'attaque terminée, deux commandants de bataillons australiens effectuent alors un repérage le long de la route. Un messager, complètement essoufflé, les rejoint. Il porte une enveloppe avec l'inscription " urgent et secret ". Les commandants décachettent la lettre et lisent ces mots : " Récemment, plusieurs cas de soldats ayant omis de saluer le commandant de l'Armée lorsqu'il passait à bord de son véhicule ont été recensés, et ceci alors même que le capot du véhicule portait son fanion de commandement. Cette pratique doit cesser. "
Le moment choisi pour envoyer ce message est grotesque, mais apporte un peu de bonne humeur en ce lieu qui n'en connaitra plus pendant longtemps.
Après l'échec de leur contre-attaque, les allemands recourent à des bombardements massifs. Les soldats subissent alors des tirs d'obus ininterrompus, l'effondrement de leurs abris et les gaz lacrymogènes...
Les attaques suivantes sont lancées par les 1ère, 2ème et 4ème Divisions australiennes et emmènent les troupes bien au-delà de la Route de la Mort. Mais la facilité d'accès qu'offre cette route vers la ligne de front australienne pousse les Allemands à poursuivre leurs bombardements incessants.
La route ressemble à un sillon accidenté, traversant un désert de trous d'obus sans aucune trace de vie.
Les appels aux brancardiers ne cessent jamais. Le caporal Roger Morgan, de la 1ère ambulance de compagnie (1st Field Ambulance), rattachée au 2ème bataillon, décrit la scène.
Le caporal Roger Morgan:
" Notre abri semble être en plein milieu de la ligne de tir. Les obus tombent en un vrai déluge tout autour de nous. Les brancardiers ne sont pas assez nombreux pour ramasser tout le monde. A l'intérieur du poste de secours, la scène était terrible mais l'extérieur, c'est pire encore. Nous devons panser les blessures dehors, sur le bord de la route, ou dans les tranchées. De nombreux blessés étaient incapables de bouger, d'autres étaient enterrés vivants. C'est étonnant comme les blessés arrivent à supporter la douleur. Nombreux sont ceux qui ont été taillés en pièces par les balles, mais qui ne disent pas un mot. D'autres, lorsqu'ils sont obligés de crier, s'excusent... Finalement, avec l'aide de volontaires, tous ont été emmenés à l'arrière ou y sont allés à pied quand ils pouvaient marcher. C'est terrible de voir des hommes blessés marcher en titubant, s'appuyant sur une pelle, un bâton ou autre chose. Ils rampent jusqu'à trouver enfin une aide ou jusqu'à tomber sur la route, extenués. Certains sont ramassés plus tard, d'autres sont enterrés là-même où ils sont tombés. "
Pour les troupes australiennes, les batailles de Pozières et de la Ferme du Mouquet ont été les plus longues et les plus difficiles de la guerre. Au total, elles déplorent 23 000 pertes, tués, blessés et disparus compris, dont 6 700 soldats tués au combat.
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