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La destruction de Pozières

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La destruction de Pozières

La destruction du village de Pozières et les effets dévastateurs de la bataille sur les australiens

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Avant la guerre, Pozières était un village agricole tranquille du nord de la Somme. Il prenait la forme d'un alignement d'arbres, blottis près d'une large crête dénudée. Le village n'a rien d'exceptionnel, mais il se situe sur le passage de l'avancée britannique pendant l'offensive anglo-française, qui débute le 1er juillet 1916. Alors les habitants commencent à quitter Pozières et dès le début du mois d'août le village n'existe plus en tant que tel.
A la mi-juillet, Pozières est pratiquement réduit à l'état de ruines par les bombardements de soutien effectués au cours des quatre offensives britanniques infructueuses. Le 19 juillet, la 1ère Division australienne relève les troupes britanniques et les bombardements commencent en vue de préparer l'assaut sur le village quatre jours plus tard.
Les tirs d'obus pulvérisent les troncs et les feuilles d'arbres, des shrapnels percutent le sol desséché, soulevant des tourbillons de poussière. Après de grosses explosions, d'énormes éclats d'obus volent à tout allure au-dessus des têtes australiennes.
Le caporal Arthur Thomas, du 6ème bataillon, décrit la scène comme "rien d'autre qu'une vision de l'enfer".
L'attaque du 23 juillet en est rendue plus facile. A l'aube, une tranchée de plus d'un mètre de profondeur avec un parapet fait de cadavres allemands et hérissée de plus de 20 mitrailleuses court le long de la route Albert/Bapaume qui traverse Pozières.
Le 25 juillet, les allemands lancent une contre-attaque qui commence par un barrage d'artillerie incessant. Ce pilonnage, bien que la contre-attaque ait été un échec, est une des épreuves les plus difficiles qu'ont eu à vivre les Australiens. Un officier français juge les bombardements aussi effroyables que ceux de Verdun, considérés comme les plus terribles de la guerre. Une des tranchées change de forme tellement de fois que les australiens la surnomment " Blanc-manger ".
Pozières paye un lourd tribut lors des attaques et des contre-attaques. L'impact sur les hommes qui sont confrontés à toute la puissance de la technologie militaire moderne, est un véritable traumatisme.
Charles Bean, historien officiel australien, décrit ainsi l'intensité du stress enduré par les soldats :
Charles Bean, historien officiel: Les obus tombent les uns après les autres dans un hurlement qui provoque une torture mentale aigüe. Ces impacts déchirants apportent cette promesse à chaque homme : je vais déchirer votre peau, pulvériser un de vos bras, une de vos jambes, faire de vous une plaie béante, frémissant comme ces hommes que vous voyez brisés autour de vous et qui sont en train de pourrir et de noircir. "
Le village de Pozières est rayé de la carte. Le lieutenant Alec Raws, du 23ème bataillon, décrit le village au début du mois d'août comme n'étant " plus rien qu'un tas de débris de briques, de cailloux, de poutres et de corps complètement pulvérisés. "
Charles Bean, historien officiel, le résume ainsi : " une tourbière ouverte. Le visiteur y passe sans soupçonner qu'autrefois il y avait ici un village. "
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