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La collecte des objets sur le champ de bataille

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La collecte des objets sur le champ de bataille

La collecte des objets sur le champ de bataille par les australiens

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La Première Division australienne s'empare de la partie de Pozières située de l'autre côté de la route Albert/Bapaume, à l'aube du 23 juillet 1916. A la lumière du jour qui se lève, les tireurs d'élite allemands se mettent à tirer depuis les décombres des habitations qui s'alignaient autrefois de ce côté de la route.
Exaspérés par les tirs, les Australiens se déploient dans le village par petits groupes. Ils cherchent des entrées de caves et des abris où des Allemands pourraient se cacher. Quand ils en repèrent, ils jettent des grenades au phosphore. L'étouffante fumée blanche force les allemands à sortir de leurs cachettes. Dès qu'ils en sortent, ils sont aussitôt abattus. Certains sont poursuivis et achevés à la baïonnette. Au passage, des objets personnels sont récupérés sur les victimes comme souvenirs. C'est une pratique que les australiens nomment le " ratting ".
Non loin de là, alors qu'il est en train de capturer six allemands, le sergent-major de compagnie Fred Callaway, du 2ème bataillon, découvre que l'un d'entre eux, qui porte des brassards de la Croix Rouge, cache aussi un revolver sous son manteau.
Le Sergent-major Fred Callaway: Il s'agrippait à moi, criant grâce. Je l'ai fouillé et je lui ai pris un poignard et un beau revolver. Je lui ai montré du doigt la Croix Rouge et ensuite le révolver. Il n'a fait que crier. J'ai braqué mon revolver pour tuer cette ordure mais il s'est laissé tomber à mes pieds, et m'a saisi les genoux en me demandant grâce. Je n'avais pas le coeur à l'abattre de sang-froid, pourtant il le méritait (une personne de la Croix Rouge portant des armes est susceptible d'être abattue sans sommation) alors je l'ai relevé à coup de pieds... et je les ai laissés partir.
Ceux qui ont trouvé un casque à pointe le mettent sur leur tête, d'autres fument des cigares allemands. Les plus chanceux trouvent les rations d'urgence allemandes dites " de fer ". Les australiens prennent encore une partie du village dans la nuit, comme le décrit le capitaine Walter Claridge du 8ème bataillon :
Capitaine Walter Claridge: A 21 heures dans la nuit de dimanche, nous avons lancé une attaque de nuit pour balayer tous les boches de Pozières, ce qui fut fait sans aucun problème. Ils refusaient le combat, et s'enfuyaient. Ensuite, nous avons commencé à creuser nos défenses et à renforcer nos positions pour nous protéger de contre-attaques qui n'ont pas eu lieu finalement. Les boches se sont rassemblés plusieurs fois, mais notre artillerie les a nettoyés par centaines. Rien que dans une seule tranchée, j'ai compté jusqu'à 50 allemands morts. Il ne restait plus rien de vivant... Très tôt le lundi matin, les boches se sont énervés et ont balancé tout ce qu'ils avaient, une vraie pluie d'obus. Ce n'était pas agréable de devoir s'accroupir dans un trou d'obus pour essayer de les éviter.
Après l'infructueuse contre-attaque allemande (qui a suivi de peu la prise de Pozières), les survivants ennemis se dirigent vers le nord-est du village et trouvent refuge de l'autre côté de ce champ, dans des abris de l'artillerie. Des toits recouvrent les abris. Les rescapés allemands y restent toute la journée et font feu sur chaque australien qu'ils aperçoivent.
La décision est prise de capturer les abris lors d'une attaque planifiée dès les premières heures du 25 juillet, engageant les 4ème, 8ème et 11ème bataillons.
Mais le lancement de l'attaque est compromis à cause d'une confusion : des ordres programment l'attaque pour le lendemain ! L'assaut est retardé, mais à l'heure où il est finalement lancé, le barrage de soutien s'est déjà déplacé. Par ailleurs, ni le 8ème, ni le 11ème bataillon n'ont été informés qu'ils attaqueraient ensemble. C'est le 11ème bataillon qui arrive aux abris le premier, mais il essuie des tirs du 8ème qui avance sur lui. A la lumière du jour naissant, les 2 bataillons s'identifient et le 11ème bataillon confie les positions au 8ème.
La compagnie de droite du 8ème bataillon rencontre une forte résistance et s'arrête dans le verger entre l'église et les abris d'artillerie. Le soldat Thomas Cooke, ainsi que sa section de fusil-mitrailleur " Lewis ", reçoit l'ordre de prendre position à un emplacement très exposé. Malgré les tirs intenses qui déciment son équipe, Cooke tient seul. Lorsque les renforts arrivent enfin, il est trouvé mort à côté de son arme.
A 35 ans, Cooke, un charpentier né en Nouvelle-Zélande et père de trois enfants, est plus âgé que la plupart des membres de la force impériale australienne. Il ne participe pas à la campagne de Gallipoli, mais reçoit à titre posthume la Victoria Cross pour son acte de bravoure à Pozières.
A 7h15 le 25 juillet, les allemands déclenchent un pilonnage massif sur le village de Pozières, en prélude d'une attaque qui échoue finalement. Tout en avançant, les hommes qui se trouvent alors dans le verger arrivent à échapper au plus fort des tirs. A la nuit tombante, le 6ème bataillon avait réussi à creuser une ligne reliant le cimetière, le verger et les abris d'artillerie.
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