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L'église de Pozières et le mémorial de la 1ère Division australienne

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L'église de Pozières et le mémorial de la 1ère Division australienne

La tranchée "K" et le mémorial de la 1ère Division Australienne

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Aux premières heures du 23 juillet 1916, la 1ère Division australienne lance une attaque sur Pozières, puis creuse des tranchées le long de son objectif, la route Albert/Bapaume qui coupe transversalement le village. Le soir même, une patrouille du 8ème bataillon australien avance, baïonnette au canon, à travers les ruines de l'église. Seule la vitre du choeur est encore en place, les autres ont été pulvérisées par les bombardements avant l'attaque.
La destruction de l'église n'inquiète guère les allemands. Dans l'ensemble, elle leur rend même service à long terme. En effet, des points émergents du paysage, tels que les églises, créent d'excellents points de repères pour l'artillerie adverse qui les utilisent pour régler leurs tirs sur les cibles proches. C'est pour cette raison, que ceux qui occupent les villages détruisent parfois eux-mêmes les églises.
Une deuxième attaque de soutien australienne est planifiée pour les premières heures du 25 juillet. Une fois terminée, les 4ème et 8ème bataillons doivent se rejoindre au cimetière situé au nord du village. La progression du 4ème bataillon, derrière l'église le long de la tranchée K, dont partiellement prise un peu plus tôt, reçoit une pluie de grenades lancées par des Allemands restés dans l'autre partie de la tranchée.
Appuyés par les mitrailleuses Lewis, les grenadiers du 4ème bataillon les repoussent. Tout en avançant, les mitrailleurs montent sur les parapets afin de tirer plus facilement sur les allemands tandis que les grenadiers s'emparent du rhum et du café abandonnés par les Allemands. Le 4ème bataillon réussit ainsi à capturer 700 mètres de la tranchée K, puis le 8ème bataillon le rejoint tôt dans la matinée du 25 juillet.
A la suite de la bataille, le lieutenant Jim Bolton, de la 2ème compagnie du génie australien, retrouve le fragment d'une cloche d'église qui avait été montée à l'entrée d'un abri par les allemands. Aujourd'hui, il est conservé au Mémorial australien de la guerre, à Canberra. Le docteur Peter Pedersen, historien consultant pour le gouvernement australien sur les projets de mémoire concernant les champs de batailles du front occidental, décrit les objets de collecte les plus prisés.
Le docteur Peter Pedersen: les soldats australiens étaient de grands " chasseurs " d'objets, qu'ils conservaient comme souvenirs. Dans un premier temps, les casques à pointe sont particulièrement prisés, mais un peu trop fragiles à conserver. D'autre part, les casques en acier, clairons et baïonnettes, surtout les baïonnettes à dents, sont beaucoup plus solides et donc d'autant plus facile à ramener à la maison. Les pistolets de marque Luger étaient particulièrement appréciés. Pour ce qui est des objets exceptionnels, rien ne semble être plus excitant qu'un morceau de l'appareil de l'as de l'aviation allemand : le Baron Manfred von Richthofen. Même le général australien Monash en a récupéré un bout. Pendant les deux dernières années de la guerre, une collecte d'objets plus organisée est mise en place par la section des archives de guerre australiennes. Il est dit, avec humour, que les soldats australiens sont partis à l'assaut avec des poignées d'étiquettes de musée ! Les objets trouvés devaient être remis aux autorités. Ils constituent aujourd'hui une partie des vastes collections du Mémorial australien de la guerre, tout comme de nombreux effets collectés individuellement par des soldats.
C'est à Pozières que les pertes subies par la 1ère Division australienne ont été les plus lourdes. Un monument à sa mémoire se trouve à l'extrémité sud-est du village, après l'église. Ce mémorial liste les honneurs de batailles de la 1ère Division sur le front occidental. Il a la forme d'un obélisque, comme l'ensemble des mémoriaux dédiés aux divisions australiennes, à l'exception de celui de Mont Saint-Quentin érigé en l'honneur de la 2ème Division.
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