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Champ de Mars

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Champ de Mars

Vers 1840, Léonide Lacroix met au point le fameux "Riz la Croix".

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Nous sommes place du Champ de Mars, face à la fresque baptisée " Avec le temps ".
François Schuiten est le premier artiste qui sera sollicité en 1998, pour réaliser une création originale sur les murs de la cité. Elle devra s'intégrer au patrimoine de la ville et valoriser le lien qui l'unit à la Bande dessinée.
Observez la partie gauche de la fresque. Aux angles, quelques restes d'une enseigne d'horloger. Elle a laissé la place aux rouages qui se trouvent derrière. L'oeil pénètre vers un passage à l'intérieur de ces mécanismes géants qui évoquent bien sur le temps qui passe, mais aussi, une tradition passée de la ville : L'industrie du papier
Vous avez remarqué le personnage qui se tient là, de dos ? Il a déjà franchit la frontière du réel. Il observe au loin un horizon ensoleillé. Un clin d'oeil de l'artiste qui évoque la course du temps vers un avenir semble-t-il : radieux.
Sur la partie droite du mur, une autre vieille affiche, comme déchirée par l'usure, dévoile les entrailles du bâtiment. Pourquoi un éléphant ? C'est une reprise de la célèbre publicité créée par Cappiello en 1910 pour le papier à cigarettes "Le Nil" qui était fabriqué à Angoulême.
François Schuiten évoque cette mémoire industrielle d'Angoulême, histoire peut-être de tourner la page sur un passé révolu, marqué entre autres par la douloureuse faillite de l'industrie papetière des années 70/80.
Si la région d'Angoulême compte encore quelques entreprises papetières réputées, c'est la chute du géant Laroche Joubert, produisant notamment les fameux cahiers Elji-Oxford qui a marqué la fin de la prospérité papetière. Une histoire qui a débuté aux alentours du 15 e siècle...
A cette époque, on comprend que le cours lent et régulier du fleuve Charente et de ses affluents va permettre l'installation de moulins à papier.
Ce papier fabriqué feuille à feuille à partir de vieux chiffons de lin ou de coton, qui fera bientôt la renommée de l'Angoumois.
Un siècle plus tard, l'activité papetière prend son essor, et la renommée de ce savoir-faire charentais dépasse les frontières.
Au 19 ème siècle, c'est le virage industriel. La production atteint son apogée, se diversifie, on développe de nouveaux produits : le papier sulfurisé pour l'usage alimentaire, le papier couché qui améliore les travaux d'impression...
Vers 1840, Léonide Lacroix met au point, dans son usine du quartier St Cybard, le papier à cigarette qui deviendra plus tard le fameux "Riz la Croix".
Au même endroit ensuite, la maison Bardou et Fils produit le papier à rouler signé "Le Nil".
C'est le Musée du papier, qui occupe désormais ces lieux, à cheval sur un bras de la Charente, pour conserver les traces et la mémoire de tout ce passé artisanal puis industriel.
Nous évoquons le passé, mais cette place, fait aussi le lien avec l'avenir.
Elle est baptisée " Champ de Mars" après la Révolution, histoire de faire honneur aux militaires qui, logés juste en face, en avait fait leur terrain de jeu favori pour défiler et parader devant les badauds !
Cette place devient après guerre, un lieu de rassemblements populaires, d'exhibitions sportives, puis de grandes manifestations. C'est ici oe par exemple- que les "bulles" et chapiteaux du Festival de la Bande Dessinée s'installent dès sa 4 e édition.
Aujourd'hui, le temps est à la mutation, c'est l'un des grands projets du centre ville avec la restructuration de cet endroit. Place au chantier : le parking et la gare routière ont déjà disparu pour devenir un espace de galeries et de boutiques sur plusieurs niveaux de parking souterrain.
Le Festival de la Bande dessinée, retrouvera une grande esplanade de 6000 m2 pour son édition 2007, au coeur de la ville, près de lieux animés, qui permettent au public de poursuivre la fête après la fermeture des chapiteaux .
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