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Cathédrale Saint Pierre

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Cathédrale Saint Pierre

En 1568, l'un des clochers tombe sous les boulets de canon Huguenots.

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Nous sommes devant la façade de la Cathédrale St Pierre.
La Cathédrale St Pierre d'Angoulême représente un événement majeur dans l'évolution de l'art Roman.
Son architecture inspirera par la suite, avec quelques variantes, bon nombre d'édifices de la région.
Sa construction, au tout début du 12 e siècle, dure une trentaine d'années. Elle se fait sous la direction de Girard 2, évêque d'Angoulême, un personnage hors du commun. Cet ecclésiastique, est successivement enseignant, évêque et légat de quatre papes, c'est-à-dire, chargé de faire appliquer en leur nom les réformes en cours, ce qui lui donne plein pouvoir pour statuer sur les affaires transmises au Saint-Siège
Il est aussi l'ami et le conseiller des ducs d'Aquitaine et des Comtes d'Angoulême, ce qui lui permet d'intervenir dans la diplomatie de son époque. Il exercera sa charge pendant 24 ans.
Le temps de célébrer huit conciles et de faire d'Angoulême un centre de la chrétienté qui méritera un édifice digne de son rang : la cathédrale qui se dresse devant nous.
C'est ainsi que Girard 2 obtient les moyens nécessaires pour mener à bien cet ambitieux chantier en faisant venir des maîtres d'oeuvre et tailleurs de pierre de grande qualité.
Tout d'abord, nous choisirons un couvrement en file de coupoles, inspiré par l'orient byzantin, 3 coupoles et rien de moins pour aménager de larges espaces intérieurs.
Ainsi la voûte céleste dominera le carré de la travée !
Deux grands "clochers lanterne" illumineront le coeur de notre cathédrale et porteront plus haut nos chants sacrés...
Sur la façade nous verrons la Vierge Marie et les apôtres, assister à l'ascension du Christ et pour que chacun se souvienne, qu'un jour sonne l'heure, l'évocation du jugement dernier restera à jamais gravée dans la pierre ! Ces grands projets architecturaux n'ont pas fait le poids face aux " accidents " de l'histoire !
En 1568, l'un des clochers tombe sous les boulets de canon Huguenots...Les coupoles et le mobilier font aussi les frais de ce nouvel affrontement entre catholiques et protestants. La cathédrale déjà saccagée quelques années plus tôt est incendiée.
Du clocher détruit il ne reste que sa partie basse, aménagée en sacristie au 18 e .
La restauration menée au 19 e siècle par Paul Abadie fils, modifie la cathédrale. Elle est pourtant dans la droite ligne de la pensée de l'architecte Viollet-le-Duc qui disait :
Restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné .
C'est la façade qui sera la moins touchée.
On remplace le tympan central -la demi-lune au dessus du portail-, certaines têtes, et tout en haut les 2 clochetons dits "Poitevins" et le pignon triangulaire.
On rajoute aussi les 2 statues équestres au dessus du portail. A gauche, c'est saint Georges tuant le dragon, assisté par un ange , et à droite, saint Martin qui partage son manteau avec un pauvre.
Cette restauration néo-médiévale sensée recréer l'esprit du 12 e siècle sera controversée, mais elle permettra tout de même de sauver la Cathédrale qui était en très mauvais état.
Cette façade écran compte 75 sculptures, la partie basse originelle comprend 4 tympans représentant les apôtres partant évangéliser le monde, et le tympan central a été recréé au 19 ème siècle.
Au dessus du vitrail sur 2 rangées, la Vierge et les 11 apôtres assistent à l'ascension du Christ représenté plus haut, entouré du tétramorphe.
Le tétramorphe met en scène les quatre "vivants" qui entourent le trône Divin. Ils sont symbolisés ici par quatre animaux ailés servant d'emblèmes aux quatre évangélistes : le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l'homme pour Matthieu et l'aigle pour Jean.
Autre thème évoqué sur la façade : le jugement dernier, observez, de part et d'autre des 11 apôtres, sous les arcades extérieures de la façade, les damnés sont malmenés par les diables. Ils subissent leur châtiment, pendant que les élus, naturellement au-dessus, dansent sous les arcades.
Laisser à nouveau descendre votre regard, sous le tympan à droite du portail...
Une frise retrace un épisode de la Chanson de Roland.
Elle illustre un haut fait d'armes survenu pendant la construction de l'édifice : la reconquête de Saragosse, alors aux mains des Musulmans, par les Croisés Chrétiens, avec parmi eux les seigneurs du Poitou et d'Aquitaine.
On ne parlait pas encore d'information en temps réel, mais cette "une" de l'époque, où mythe et réalité se confondent, s'affichait déjà entre les colonnes !
Aujourd'hui les restaurations se font plus douces afin que cette belle pierre charentaise, sa blondeur retrouvée, se joue du moindre rayon de soleil !
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