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Place de la Laiterie

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Place de la Laiterie

Elle marque une fourche menant à gauche vers l'Atlantique et à droite la Bretagne et la Normandie.

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Nous sommes devant le Porche de l'église de la Trinité, Place de la Laiterie.
La Place de la Laiterie marque une fourche menant à gauche vers l'Atlantique et à droite la Bretagne et la Normandie. C'est le trajet de l'antique voie romaine.
Devant vous, l'église de la Trinité du 12 ème siècle imbriquée dans l'Abbaye du Ronceray plus ancienne d'un siècle....
A gauche les murs de la vénérable abbaye fondée en 1028 par Foulques Nerra aprés un miracle ... selon la légende
Le comte d'Anjou Foulques Nerra doute de la fidélité d'Hildegarde, sa femme.
Cette dernière, désespérée se jette du palais comtal dans la Maine.
Alors, surgissent deux anges qui la sauvent et la transportent ici, à vos pieds
Foulques Nerra : Qu'ai je fait ! Malgré mes doutes Dieu a sauvé Hildegarde !! je suis maudit !!
Mère supérieure : Comte ! Vous devez faire pénitence et justice!! Et pour assurer votre salut faire un don à notre Dieu !!!
Foulques Nerra : Qu'il en soit fait ainsi ! je bâtirai une Abbaye pour femmes à l'endroit même où Hildegarde posa les pieds ... outre Maine...
Très vite, autour de l'Abbaye, de nombreuses maisons s'établissent à l'origine du quartier de la Doutre , située Outre Maine. Par usage, on dit " la Doutre ".
Plus tard, l'Abbesse du Ronceray édifie l'église de la Trinité devenue indispensable aux nouveaux habitants.
C'est de cette église, aux voûtes d'ogives bombées, que l'on accède à la Crypte de l'Abbaye.
Savez vous qu'au pied de la statue de la vierge une ronce fleurissait éternellement ? D'où le nom de Ronceray désignant l'Abbaye depuis le 16 ème siècle...
Edifiée entre 1060 et 1080, la Nef voûtée de l'abbatiale est émouvante dans sa simplicité. Gravissez, la vieille rue pavée.
A votre gauche, un passage voûté. Il servait de frontière sociale entre les riches demeures derrière l'Abbaye et le quartier populaire de la Doutre .
Eh oui ! les pauvres angevins voulant se rendre à l'Abbaye devaient acquitter une redevance ou "Cens" perçue par les religieuses sur les marchandises ! un ticket d'entrée !!
L'époque est révolue et, sans bourse délier, dos au passage, poursuivons notre chemin rue de la Censerie .
L'Abbaye pendant 700 ans fut le passage obligé de la cérémonie du sacre.
M. Bertoldi , conservateur des Archives municipales d'Angers nous parle de la cérémonie du Grand Sacre : " C'était la cérémonie la plus importante d'Angers et connue dans toute la France. En fait, c'était la procession du saint sacrement, jour de la Fête Die qui à Angers avait une origine bien antérieure à l'institution par le pape Urbain IV de la Fête Dieu en 126 puisqu'on peut la dater environ du début du 12 ème siècle ici. La procession d'Angers a peut-être été instituée pour expier l'hérésie de Béranger qui vers 1050 avait nié la présence réelle du Christ dans l'eucharistie... C'était une procession qui était très longue, très chatoyante aussi, et colorée avec les " torches ", c'est à dire des sortes de petits monuments théâtraux qui étaient réalisés par les différentes corporations de la Ville et qui représentaient en bois, en cire, en étoffe de toutes couleurs. Des scènes de l'ancien et du nouveau testamen . Quant à la longueur de la procession , il faut bien voir qu'elle commençait à 6 heure du matin à la cathédrale et qu'elle arrivait vers 10h/11h au tertre St Laurent, dans la Doutre . Elle était considérée comme l'une des trois merveilles dans le genre en France, d'après les auteurs notamment du 17 ème siècle, avec les " rogations " de Poitiers et les cérémonies de l'Hôtel de Ville de La Rochelle.
L'abbaye abrite aujourd'hui l'Ecole Nationale Supérieure des arts et métiers et accueille chaque année, les représentations théâtrales du Festival d'Anjou.
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