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Collégiale Saint Martin

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Collégiale Saint Martin

La re-Découverte de la Collégiale Saint Martin...Enfin !

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Nous sommes devant la façade de la Collégiale St Martin.Au milieu des années 1980, il n'était pas exceptionnel de rencontrer près de la grande poste d'Angers des visiteurs recherchant une église Saint-Martin, pourtant en bonne place dans le parcours touristique de la ville. Pour découvrir la nef de l'édifice, il fallait en effet franchir un porche d'immeuble donnant sur la rue, avant de percevoir les grands arcs de l'ancien clocher et ceux de la nef, perdus dans les feuillages d'arbustes. Au-delà de la cloison fermant l'arc triomphal de la croisée, s'étendait la chapelle de l'Institution Saint-Martin, occupant le choeur et le transept de l'ancienne collégiale.
L'édifice nécessitait toutefois des travaux considérables de restauration et l'Association de la collégiale, en charge du bâtiment, céda le chevet de l'église au Conseil Général en 1986. Ce dernier acquit également les immeubles élevés au XIXe siècle à l'emplacement de la nef, et qui ont aujourd'hui disparu, afin de permettre la restitution du monument.
En 1836, après sa découverte de l'édifice, Prosper Mérimée pouvait déjà écrire : " Parmi le très petit nombre d'églises, dites carlovingiennes, que la France possède encore, Saint-Martin est une des plus remarquables." Mais, s'il appréciait la partie carolingienne, de même que le lumineux choeur gothique angevin, il ne pouvait deviner l'existence d'églises plus anciennes, aujourd'hui révélées par l'archéologie.
Et comme le raconte l'archéologue Daniel Prigent, ce sont les fouilles qui ont permis de trouver ce passé plus lointain :
" Nous avons d'abord trouvé un bâtiment de plan simple, une église à nef rectangulaire qui s'achève par une petite abside, mais qui comporte déjà une barrière séparant les laïcs des clercs, qui a sans doute été destinée à l'inhumation d'un des premiers évêques d'Angers. Cette église était partiellement connue. Mais elle était datée du 7ème siècle mais ensuite et pendant sans doute deux siècles, on va constater l'installation d'annexes et sans doute au 6ème siècle, elle commence à accueillir les inhumations ".
Dès le Ve siècle en effet, la basilique originelle pourrait avoir abrité la sépulture d'un des premiers évêques d'Angers. Elle est allongée au siècle suivant, puis encore agrandie vers la fin du VIIe siècle, sans doute par l'évêque Loup. Toutes ces églises abritaient des sépultures en sarcophages de calcaire poitevin, nivernais, angevin, ou en coffrages d'ardoise.
Le monument du Xe siècle est encore parfaitement lisible dans le transept, où les grands arcs de croisée du transept, présentant une alternance de brique et de tuffeau, avaient séduit les premiers archéologues.
La reprise de la nef est due en grande partie au comte d'Anjou Foulque Nerra et à sa femme Hildegarde qui, au 10ème siècle, se désolent de l'état de l'église "tellement détruite que c'est à peine si deux prêtres pouvaient y servir Dieu". Ils décident de la reconstruire et d'y installer treize chanoines. Lors de cette reconstruction partielle, la coupole de la croisée est insérée dans le clocher, ainsi que les colonnes qui la supportent, couronnées de remarquables chapiteaux romans.
Le choeur est à nouveau agrandi un siècle plus tard, dans le style gothique angevin. Cet allongement s'effectue en deux campagnes. Dans un premier temps, les constructeurs voûtent simplement l'ancien choeur ; puis, l'édifice est étendu au-delà de l'ancien sanctuaire. L'abside carolingienne ne sera détruite qu'à l'issue de cette seconde campagne, peu après 1180, libérant un espace réservé aux chanoines d'une ampleur équivalente à celle du vaisseau central de la nef.
On ne peut enfin passer sous silence les travaux du roi René, à qui l'on doit, vers 1470, le plafond lambrissé des bras du transept, au riche décor d'armoiries, aujourd'hui parfaitement lisibles.
Après la Révolution, la collégiale devient successivement magasin à bois, entrepôt de tabac, puis chapelle.
Ce sont aujourd'hui tous ces riches témoignages qui sont dévoilés dans ce monument, à l'issue de près de vingt ans de travaux.
Bien. Nous vous proposons maintenant de vous rendre sur la place St Eloi en passant par la tour St Aubin, vestige d'une importante abbaye du XIIème siècle.
Pour connaître les informations de guidage, appuyez sur la touche étoile
Tournant le dos à la Collégiale, partez à gauche par la rue St Martin. Traversez la rue St Aubin, un des axes principaux de l'ancienne ville gallo-romaine et aujourd'hui rue piétonne, et continuez jusqu'à la place Michel Debré.
Devant vous, le cloître et les bâtiments monastiques de l'ancienne abbaye St Aubin, occupés par le Conseil Général et la Préfecture. La place Michel Debré correspond au volume de l'ancienne église abbatiale, dont le plan est dessiné dans le pavage par des croix de bronze.
Tournez à droite et passez à gauche de la tour St Aubin jusqu'à la place St Eloi où se trouve le Musée des Beaux-Arts.
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