La roselière de Normanville au Mesnil-Lieubray >

La source

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Un endroit porteur de mystères

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Nous sommes devant la source d'un petit affluent de l'Andelle qui ne porte de nom.
Ah bon ? Il y a une source ici ? Mais on ne voit rien !
Observez, le petit cours d'eau qui s'écoule à vos pieds.
Un cours d'eau ? On dirait plutôt une grande flaque !
Son débit est faible, c'est vrai, on croirait que l'eau stagne mais elle est très claire, transparente et forme de petites vasques dans la vase, notamment à droite. Il y a comme ça une dizaine de résurgences qui donnent naissance à ce cours d'eau.
Pourquoi l'eau jaillit-elle ici ?
C'est souvent le cas en fond de vallée mais là, c'est accentué par la présence d'argile dans le sol. Comme elle est imperméable, cela empêche les eaux de pluie et de ruissellement de pénétrer profondément dans le sol. L'eau coule donc dans le souterrain sur l'argile jusqu'à ce qu'elle trouve une sortie, comme ici.
Et donc, il doit y en avoir beaucoup dans le secteur !
Oui, de nombreux petits ruisseaux de ce genre naissent dans la vallée et se jettent un peu plus loin dans l'Andelle. Imaginez une foule de petits cours d'eau qui rejoignent tous le même lit. Les techniciens appellent cela un " chevelu ".
Les sources gardent souvent une part de mystère. D'où vient l'eau ? Qu'y a-t-il sous le sol ? Autrefois, des légendes inquiétantes circulaient parce qu'on les jugeait dangereuses. Souvent à juste titre.
On a l'impression que le sol bouge avec l'eau.
Jérôme Grisel, maire du village, agriculteur, a toujours vécu dans la vallée.
Quand on était enfants, tu posais un bâton de 2m50-3m et tu le voyais descendre tout seul. Un ancêtre qui a fauché la roselière avec des chevaux, m'a dit qu'il y avait perdu un cheval.
Jérôme Grisel a connu cet endroit avec un tout autre visage à la fin des années 70.
J'habitais juste en face, car mon papa est juste à côté. A cette époque, en 1979, il n'y avait pas de végétation. Ce n'était que des roseaux, partout. Il y avait quelques chevaux en liberté qui appartenaient à un agriculteur. Avant qu'il mette les chevaux, cette surface-là appartenait à une exploitation agricole. Les roseaux servaient à faire des toitures mais ça, je ne l'ai pas connu.
Une grande partie de la roselière a donc disparu au cours des dernières décennies.
C'est un phénomène naturel ?
Oui et qui s'explique : les roseaux fanés s'entassent au fil du temps, formant une sorte de sol où finissent par s'implanter des arbres.
Il y a très longtemps, les grands herbivores tels que l'élan d'Europe, le mammouth ou l'auroch maintenaient ces milieux ouverts en recréant des clairières. Les paysans ont délaissé progressivement ces secteurs difficiles et désormais, c'est le Conservatoire d'Espaces Naturels de Haute-Normandie qui intervient pour préserver la roselière et éviter qu'elle ne disparaisse complètement.
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