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Le pâturage

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Le pâturage

Des races anciennes de vaches et de chevaux pour l'entretien d'un espace préservé

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Nous sommes devant le parc de contention.
C'est un équipement qui permet de soigner les vaches et les chevaux qui pâturent régulièrement dans la prairie que vous avez devant vous, au printemps et en été.
Quand on veut les soigner, les animaux s'engouffrent dans la partie large et on les immobilise dans la partie étroite, pour intervenir en toute sécurité.
Les races que le Conservatoire de Haute-Normandie utilise ici pour entretenir le milieu humide sont très différentes de celles qu'on rencontre habituellement dans les fermes.
Commençons par les vaches. Des pies noirs. Une race bretonne très ancienne qui a failli disparaître. Il en restait une centaine seulement au début des années 80, malgré ses caractéristiques étonnantes.

Ces races rustiques sont capables de faire du yo-yo avec leurs poids.
Jean-François Dufaux est chargé de projets au Conservatoire d'Espaces naturels de Haute-Normandie.
Ce sont des vaches qui savent perdre du poids en hiver et qui savent regagner beaucoup de poids au printemps et en été, c'est pour ça qu'elles vont consommer beaucoup. En fin d'hiver - les chevaux aussi le font - elles vont grignoter l'écorce des arbres pour avoir des oligo-éléments.
Grâce à ces fameuses pies noirs, les orties ont beaucoup régressé sur les sites naturels gérés par le Conservatoire. Ces vaches en raffolent ! En les installant dans cette prairie au printemps, on limite la prolifération des orties et on permet à d'autres plantes de s'épanouir.
Les chevaux qui pâturent ici sont de la race Konik polski, ce qui signifie, en polonais, " petit cheval polonais ". C'est l'un des descendants directs du cheval sauvage européen, qu'on appelait le tarpan.
C'est plutôt un double poney, en réalité, avec une raie dorsale. Il n'en restait que quelques dizaines en France au début des années 90 mais aujourd'hui, on les utilise beaucoup dans les zones naturelles, comme ici.
Une vache va arracher la végétation avec sa langue et donc créer des petites dépressions et des zones quasiment mises à nue ce qui va permettre l'installation de petites plantes. Son piétinement aussi fait ça. Par contre, un cheval qui broute va brouter comme un mouton, c'est-à-dire en rasant l'herbe. Cela va créer une herbe très basse qui va être favorable à l'installation d'autres plantes et à pas mal d'insectes.
Ces animaux mangent les pousses d'orties mais aussi les pousses d'aulne, de saule et de plantes hautes comme l'eupatoire chanvrine ou la reine des prés et les empêchent de coloniser le milieu.
Grâce à eux et à un fauchage sélectif, l'homme enraye la dynamique végétale, freine le boisement, permet le maintien de la prairie et d'une grande diversité de faune et de flore dans le marais des communaux.
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