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Cours Mirabeau

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Cours Mirabeau

Il s'agit en France, du premier cours à carrosses réalisé intra-muros.

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Nous sommes en haut du Cours Mirabeau.
Le Roy René est un personnage clef.
Fils de Louis 2 d'Anjou, il reçoit en héritage les titres de roi titulaire de Naples et de Sicile, de Duc d'Anjou et, bien sûr, de Comte de Provence.
Au 15ème siècle, Aix est la capitale de la Provence. Et tout le monde surnomme ce monarque le BON Roy René.
Dans les écrits, comme dans l'esprit des provençaux, le roi René restera pour toujours un "bon" roi. C'est un personnage vif, gai, courageux, fidèle.
Il éprouve un amour profond de la justice. Il est également considéré comme l'un des princes les plus cultivés de son temps. A sa cour, les arts fleurissent. Le monarque est d'ailleurs lui-même poète.
Et puis, il avait le sens de la fête ! On dit aussi qu'il était gourmand. Il tient dans sa main gauche, du raisin muscat. C'est lui qui l'a importé d'Italie.
L'emploi de l'adjectif " Bon " est aussi motivé par des raisons politiques :
La Provence lui doit un grand redressement économique et un rayonnement culturel.
René est le dernier véritable Comte de Provence.
Peu après sa mort, la Provence est annexée au Royaume de France.
D'autre personnage sont incontournable comme le Comte de Mirabeau, qui donne son nom au fameux cours sur lequel nous nous trouvons.
En ces temps de révolution, Mirabeau, noble mais ruiné, prend le parti du Tiers Etats. En 1789, cet éloquent avocat devient député d'Aix. Cependant, après sa mort, on découvrira qu'il se livrait à un double jeu. Ainsi, sans cesser d'encourager la ferveur révolutionnaire, il accepte parallèlement des subventions de la part du roi et, en échange, défend habilement les intérêts de la monarchie lorsqu'il grimpe à la tribune de l'Assemblée nationale.
A Aix, Mirabeau est entouré d'une réputation sulfureuse. Le visage grêlé par la vérole, il parvient néanmoins à épouser Emilie de Marignane, le meilleur parti de la ville. Un coup de maître.
Le Mirabeau était très rusé ! Un jour, au petit matin, il gare son carrosse devant l'hôtel particulier où logent Emilie de Marignane et ses très respectés parents. Comme il avait auparavant soudoyé l'employée de maison, il n'a aucun mal à entrer discrètement dans la magnifique demeure. Il arrive jusqu'à la chambre de la jeune fille. Il défait les boutons de sa chemise et se met à la fenêtre, à moitié dévêtu, comme s'il avait passé la nuit avec Emilie. Le marquis de Marignane n'a pas eu d'autre choix que de lui accorder la main de sa fille.
Parlons maintenant du cours Mirabeau. Au moment de sa création, au milieu du 17ème, on l'appelle simplement " le cours ". Il s'agit en France, du premier cours à carrosses réalisé intra-muros. Il voit le jour après le développement du quartier Mazarin, à l'emplacement des anciens remparts de la ville médiévale. Sa construction, décidée par le Parlement de Provence, impose un cahier des charges très strict.
Le cours sera fermé par des barrières à ses deux extrémités.
Seuls les carrosses pourront y accéder. Les artisans qui tenteront de l'emprunter avec leurs charrettes devront s'acquitter de lourdes amendes.
De même, aucun commerce ni café ne s'installera sur cette artère, qui devra rester un lieu de parade.
Depuis, la réglementation s'est assouplie. Pour autant, les hôtels particuliers continuent d'offrir au cours un charme tout aristocratique.
A environ 50 mètres , un drapeau tricolore dépasse d'une façade aux lourdes décorations c'est le tribunal de commerce, établi dans l'hôtel d' Espagnet , qui date du milieu du 17ème.
A l'origine, l'entrée dans le bâtiment se fait par l'arrière. Cependant, lorsque le cours à carrosses est créé, le propriétaire de cet hôtel particulier engage des travaux de transformation pour que sa façade principale donne directement sur la prestigieuse artère. Le maître des lieux, Pierre Maurel , est un bourgeois qui a fait fortune grace au commerce à Marseille, et aussi grace à ses mariages.
Il a épousé une fille de noble, qui est morte peu après. Ensuite, il a épousé une autre fille de noble. Et là, pas de chance, elle aussi est décédée. Et il en épousera une troisième !
En cette période propice à l'ascension sociale, Pierre Maurel veut en imposer à la noblesse d'épée et à la noblesse de robe qui, traditionnellement, forment l'élite aixoise.
La façade est entièrement striée. Ses frontons sont sur-décorés .
Aujourd'hui, le Cours Mirabeau, c'est un peu les Champs Elysée aixois, les platanes en plus ! Ces arbres semblent là depuis toujours. Pourtant, lors de la création du cours, il s'agissait d'ormeaux, qu'il a fallu remplacer, vers 1830.
Le maire de l'époque ne savait pas vraiment par quelle espèce remplacer les arbres malades. C'est là qu'un de ses conseillers a suggéré qu'on plante des avocats. Aix, est la ville de tribunal, les avocats poussent sans difficultés !
Les platanes, les cafés, voilà, d'après l'actrice aixoise Andréa Ferreol , ce qui fait une bonne partie du charme aixois.
Il y a ce Cours Mirabeau absolument magique sous ces arbres qui forment une haie, une haie de fraîcheur, une haie de douceur. Et ces cafés, ces cafés bondés de monde, où, tout d'un coup, à un détour, on peut se souvenir que Churchill est venu là, que M. Gabriel Dussurget , le créateur du Festival d'Aix-en-Provence était là, tous les étés, accompagné de ses divas, de ses chanteuses, de Teresa Berganza , de Teresa Stich-Randal , et qu'ils étaient au café des Deux Garçons, où peut-être Cézanne d'ailleurs allait prendre un verre, peut-être est-il allé là pour imaginer ses peintures, ses atmosphères.
Sur le trottoir de droite le café des Deux garçons. Racheté à leur patron par deux serveurs, cet établissement conserve sa décoration de la fin du 18ème siècle, avec son jeu de dorures et de miroirs.
On dit que Cézanne y avait ses habitudes. Ce qui est sûr, c'est qu'il a passé son enfance à quelques mètres de là, juste un peu plus haut, sur le même trottoir, à l'angle de la rue. Le père de Cézanne a sa boutique de chapeaux, avant de devenir le premier banquier d'Aix-en-Provence. Sur la façade, on lit encore " Chapellerie du Cours Mirabeau ". La famille Cézanne loge au premier étage.
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