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Les vestiges des tranchées

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Les vestiges des tranchées

Les stigmates des combats toujours visibles dans le bois

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Dans le bois Belleau on voit encore les traces de la violence des combats. Ici des trous d'hommes, creusés pour s'abriter des obus. Là, le long du sentier, les restes d'une tranchée. Et tout autour, des arbres encore pleins de mitraille. Ici on les appelle les vétérans.
Dès la fin mai la 2e division prend position autour du bois Belleau. 80 hectares qui dominent la vallée du Clignon. Les allemands tiennent solidement le terrain, cachés dans les taillis et futaies. Ils ont aussi installé des mitrailleuses dans les grottes ou derrière les rochers.
Le 6 juin, les Marines entrent dans le bois. Ils traversent les champs au prix de pertes considérables. C'est le début d'un mois de combats sans merci. La première participation d'une unité américaine à une opération de mouvement.
Il semble que l'ennemi a surnommé nos Marines les " chiens du diable ", en référence à ces chiens enragés qui vous mordent sans jamais vous lâcher. Tremblez donc ! Car ces chiens nous seront toujours fidèles. C'est leur devise : semper fidelis.
Mais pour diables qu'ils soient, ces chiens-là ont connu l'enfer à Belleau. On dit que la violence y a atteint des sommets de férocité. Des mitrailleuses qui vous prennent sans pitié en enfilade et qu'il faudra bien débusquer quoiqu'il en coûte. Des barrages d'artillerie incessants, assourdissants. Des bombardements à l'ypérite et leurs émanations toxiques persistantes. Sans compter le chaos des combats rapprochés. L'horreur du corps à corps.
Difficile de mettre des mots sur ce que nos gars ont connu là et que nous vivons tous, désormais. Et pourtant, c'est mon devoir de poète, en ces temps meurtriers, de témoigner des sacrifices faits pour la justice et la liberté.
Une série de plaques là, à même le sol, raconte les combats au jour le jour. Offensives américaines, contre offensives allemandes... Les américains sont définitivement maîtres des lieux le 26 juin. Ils devront encore tenir jusqu'à la relève du 9 juillet. La 2e division a perdu presque 8000 hommes au bois Belleau.
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