Un américain dans la Grande guerre : sur les traces de Joyce Kilmer >

La tombe d'un soldat arc en ciel

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La tombe d'un soldat arc en ciel

La tombe d'un soldat de la 42e division

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Depuis le 18 juillet, la 42e participe activement à la contre-offensive alliée. Il faut récupérer Château-Thierry. Avançant toujours plus vers le nord, elle se bat dans le secteur de la Croix-Rouge et force les troupes ennemies à se replier vers l'Ourcq. Le 28 juillet, sur la rive ouest de cette rivière, le régiment de Kilmer est engagé dans des combats près de la ferme Meurcy. A deux pas d'ici, à 300 mètres environ derrière la maison du surintendant du cimetière, de l'autre côté de la route. Après des combats acharnés, les allemands battront en retraite le 2 août. Trois jours plus tôt, le 30 juillet, Kilmer se porte a nouveau volontaire pour une mission dangereuse.
Hier, l'adjudant de Donovan -Ames- est mort. Aussitôt je me suis proposé de le remplacer pour accompagner le major, envoyé en éclaireur pour l'assaut du lendemain. Notre mission : déterminer la position exacte d'une mitrailleuse allemande. La patrouille s'est déployée et j'ai rampé jusqu'au bord d'une petite colline d'où j'espérai profiter d'un bon point de vue. Quand plus tard mes camarades m'ont rejoint, ils se sont inquiétés de ne pas m'entendre répondre à leur appel. Arrivés à ma hauteur, ils m'ont trouvé sans vie, la tête traversée par une balle de sniper. J'étais mort sur le coup. On m'a allongé dans la terre aux côtés de Ames, tombé la veille dans des circonstances similaires.
A notre enterrement, on récita mon poème : Rouge Bouquet. La France me décerna la croix de guerre à titre posthume et jamais je ne finis mon livre, " Ici et ailleurs avec le 69ème ". Le père Duffy le publia finalement après guerre. Mon oeuvre reste à jamais inachevée, fauché que je fus, en ma 31ème année.
Voilà donc ta dernière demeure Joyce Kilmer. Rangée 9, tombe 15. Croix de marbre blanc parmi celles de tes frères d'armes. En octobre 18, une messe commémorative a été donnée en ton honneur en la cathédrale Saint Patrick à Manhattan. J'irai y faire un tour quand je serais à New York.
Mon périple sur tes traces au front s'arrête donc ici. A moi de traverser vers ton pays maintenant pour continuer à travailler sur ton oeuvre. Elle est immense. Même si la célébrité de " arbres " la fait souvent oublier. C'est vrai que tout le mode le connaît là-bas ce poème. Enfin ! J'espère que mes travaux seront à la hauteur de ton talent. Pour moi tu restes le dernier grand poète romantique américain. Adieu Camarade !
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