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La place Max Lejeune

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La place Max Lejeune

Un mois avant le célèbre appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940, Abbeville connaît une tragédie.

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La place Max Lejeune
Nous sommes assis sur un banc face à l'hôtel de ville...
Un mois avant le célèbre appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940, Abbeville connaît une tragédie. Le 20 mai, le centre ville est détruit par un bombardement. Philippe Duclercq, ex-Président de la Chambre de Commerce d'Abbeville et de la Chambre régionale de Picardie, âgé aujourd'hui de 90 ans, se souvient de la place avant la tourmente.
Imaginez un environnement de style Louis 13 où il fait bon vivre !
Eh bien, la place avant 1940, était une place moins grande que celle que nous voyons actuellement. Elle était vraiment le coeur de la ville . On y trouvait la statue de l'Amiral Courbet. Et avec son doigt dressé vers la gare, ça nous amusait nous les jeunes parce qu'on avait l'impression qu'il invitait les touristes à repartir !
Alors autour du monument, on trouvait les fiacres de ville à cheval et leur conducteur qu'on appelait les pigeons de la place !
Le 20 mai 1940, Philippe Duclercq voit de nombreuses personnes traverser Abbeville pendant la période de l'exode.
Les gens fuyant le nord pour gagner le sud auraient dû être alerté par le bombardement le 10 mai 40 de la sucrerie. Le 20 mai 40, mon père qui était libraire a ouvert sa boutique à 9 heures et il a dû se réfugier dans la cave avec son personnel devant les premiers bombardements qui étaient des bombardements de bombes explosives.
? 17 heures, c'est au tour des bombes incendiaires d'enflammer le coeur d'Abbeville. Les maisons sont en feu et la place est détruite !
En 1951, la place Max Lejeune fait peau neuve et change de look. Philippe Duclerc est présent lors de l'arrivée du Ministre de la reconstruction Claudius Petit !
Le ministre propose au maire une formule nouvelle qu'il nomme " préfinancement ". On reconstruit la ville, et on propose aux sinistrés - par exemple, mon père qui a été victime de la perte de sa librairie - (...) un bien reconstruit en contrepartie de ses dommages de guerre.
Ce nouveau visage de la place fait la part belle au rouge des briques. Et vous voyez à droite et à gauche ?... L'horizon est à demi clos avec à des maisons-ponts qui offrent une perspective originale.
? gauche, c'est l'hôtel de ville et son beffroi. On dirait un phare !
C'est presque ça... Une influence orientale aussi qui rappelle les minarets. On le doit (comme l'Hôtel de Ville) à Max Lejeune, maire d'Abbeville de 1947-1989 et aussi Ministre... du Sahara !
La place est dédiée à cette illustre figure abbevilloise.
Vous voyez la collégiale Saint Vulfran ?... Eh bien, en remplacement des cloches détruites en 1940, Max Lejeune en fait venir des nouvelles... d'Algérie ! Et depuis, ici, les cultures picardes et du Maghreb se sourient !
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