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La collégiale Saint-Vulfran

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La collégiale Saint-Vulfran

Nous sommes devant la façade de la collégiale Saint Vulfran...

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la collégiale Saint-Vulfran
Nous sommes devant la façade de la collégiale Saint Vulfran...
Cette collégiale construite entre 1488 et 1539, montre trois parties distinctes. Lynda Frenois nous propose un parcours visuel de Saint Vulfran de bas en haut.
Vous voyez les parties ajourées au-dessus de chaque portail ? Ce sont les tympans gothiques reconnaissables avec leurs arcs brisés. Observez bien les personnages qui les décorent...
L'architecte a joué ici sur la dimension des personnages figurés, donc de taille imposante au premier plan pour les statues des colonnes saillantes. Et de dimension plus réduite pour les oeuvres accolées au portail. Cela crée un effet d'optique, de profondeur tel un trompe-l'oeil.
? gauche, le portail est dédié à saint Eustache, représenté d'une façon très androgyne !
Le portail central montre Dieu qui tient entre ses jambes le christ crucifié.
Le portail de droite célèbre la Vierge. Vous voyez les deux statues de Marie ? Elles ont révolutionné l'histoire de l'art !
Tout d'abord, le rôle de l'architecte évolue dès le 15e siècle puisque désormais il s'associe avec les artistes pour mettre en scène les façades gothiques. Ici, à Saint Vulfran, nous connaissons exceptionnellement le nom des artistes qui ont participé à l'ouvrage dont Pierre Lheureux qui réalise deux des plus belles sculptures de la façade au début du 16e siècle : Marie Salomé et Marie Cléophas. Le sculpteur ici rompt avec tous les codes de l'iconographie chrétienne en réalisant des vierges richement parées, de type oriental et aux allures sensuelles.
Observons la deuxième partie de la collégiale. L'oeil de Lynda Frenois s'arrête sur la rosace, et plus précisément sur la pointe de pierre qu'on voit devant : le gâble
Les centaines d'artisans qui ont oeuvré pendant 50 ans à la façade de la collégiale Saint Vulfran ont dû respecter l'équilibre et la cohérence de l'architecture qui sont ici symbolisés par les éléments centraux. Le gâble et le fleuron devant la rosace qui crée un lien entre la première et la deuxième partie de la façade, à tel point que l'on ne distingue plus si le gable est intégré à la rosace ou s'il s'en détache.
Regardons les deux tours à présent. La collégiale donne l'impression d'être compressée, compacte. Pourquoi son élévation semble-t-elle empêchée ?
Tout simplement, faute de financement. La collégiale est à l'origine financée par le clergé et les échevins, mais surtout par les confréries artisanales abbevilloises qui possédaient le pouvoir économique de la ville (...) Donc, le contexte était prospère. On parle souvent du " beau 16e siècle " où les récoltes sont abondantes jusqu'au déclin qui s'amorce dans les année 1520, 1530.
En mai 1940, les bombardements détruisent une grande partie de Saint Vulfran. Lors du travail remarquable de rénovation, les artisans découvrent des traces de polychromie sur les ornementations. Imaginez la collégiale parée de couleurs et aussitôt la féerie se met en marche au coeur d'Abbeville !
Partons maintenant vers l'église Saint Sépulcre où nous en saurons plus sur le travail de la pierre ! Merci de continuer votre visite. ? bientôt.
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