L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

Le réfectoire des convers

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Le réfectoire des convers

Au menu de la vie monacale au Moyen-Âge

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Nous entrons maintenant dans l'ancien réfectoire des frères convers.
Les frères convers étaient des religieux, mais pas des moines, affectés aux ateliers dans l'abbaye et aux travaux des champs à l'extérieur de l'enceinte.
Les moines de Fontfroide, eux, avaient leur propre réfectoire, beaucoup moins grand que celui-ci. Il pouvait accueillir jusqu'à 80 convives. Il se trouve dans les parties privées de l'abbaye mais vous pouvez le découvrir lors des visites Privilèges. La famille Fayet en avait fait sa salle à manger ; j'y ai d'ailleurs des souvenirs de dîners mémorables ! Parmi les invités réguliers, il y avait notamment Odilon Redon, un grand peintre symboliste. Son épouse réunionnaise (gourmandise) nous préparait un curry qui nous mettait les papilles en extase ! (ironie) Je peux vous assurer que les convers et les moines de l'abbaye n'ont jamais connu ce genre de plaisirs gastronomiques ...
Au Moyen-Âge, leurs repas se déroulent toujours de la même façon, selon les strictes prescriptions de la règle de Saint Benoit. Deux fois par jour, les moines entrent au réfectoire en chantant le bénédicité. La règle la plus importante pour les cisterciens, c'est le silence. Alors pour limiter les tentations de bavardage, les moines, comme les convers, sont assis côte à côte, dos au mur. En bout de table, le père abbé les surveille.
Pendant tout le repas, un moine fait la lecture d'un texte en latin tiré de la bible. Il n'y a pas d'assiette, mais une grosse tranche de pain à la place, appelée le tranchoir. Les moines apportent leur couteau avec eux. Comme boisson, chacun reçoit l'équivalent d'environ un quart de litre de vin par jour. (ironie) C'est un petit plaisir dont Saint Benoit n'a semble t-il pas eu le coeur de les priver !
Au menu : du pain donc et beaucoup de légumes cuits ou crus. La règle interdit la viande de quadrupèdes, sauf pour les malades et les très jeunes. Le poisson, les oeufs et la volaille ne sont pas prohibés, mais ces denrées sont généralement rares à la table des moines. Ils en reçoivent parfois dans le cadre des " pitances ", des aumônes faites à l'abbaye par des laïcs très pieux.
Vous le voyez, le régime alimentaire des moines cisterciens a tout d'une diète, et encore, je vous parle des jours fastes. Car l'année est rythmée par des périodes de jeûne plus ou moins sévère, notamment le mois qui précède Noël et les 40 jours de carême entre le mercredi des cendres et Pâques.
La pièce où nous nous trouvons aurait pu accueillir les 250 convers que Fontfroide avait à son service à son apogée. Mais en réalité la plupart ne vivaient pas ici, car ils travaillaient à plus d'une journée de marche.
Notez qu'au Moyen-Âge, le sol de cette pièce était en terre battue, et les ouvertures que vous voyez sur les côtés n'existaient pas. Une cuisine unique desservait le réfectoire des moines et celui des convers. Leurs menus étaient d'ailleurs sensiblement identiques.
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