L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

Le dortoir des convers

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Le dortoir des convers

Un repos bien mérité dans un confort sommaire

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Vous avez devant vous ce qui reste du dortoir des frères convers. Le dortoir des moines, lui, est au-dessus de la salle capitulaire, dans les parties privées de l'abbaye que vous pouvez découvrir dans le cadre des visites " Privilège ". Lorsque je passais l'été ici avec la famille Fayet et ses invités, le dortoir des moines était notre salle de musique. D'ailleurs Richard Burgsthal y a réalisé une fresque sur le thème de la musique sacrée et des vitraux inspirés par la damnation de Faust, l'opéra de Richard Berlioz. On lui doit probablement aussi les vitraux que vous voyez ici.
Au moyen-âge, le dortoir des convers sert à la fois de lieu de repos et de grenier, car on y entrepose les sacs de grains pour éviter qu'ils pourrissent au cellier. De toute façon, les convers de Fontfroide ne dorment pas tous dans ce dortoir car la plupart d'entre eux vivent dans des granges, à plus d'une journée de marche. Mais comme ils reviennent à l'abbaye à certaines occasions, il faut pouvoir les coucher tous. C'est au XVIIe siècle, bien après la disparition des convers, que les abbés commendataires transforment deux tiers du dortoir en logements pour les hôtes importants.
A l'âge d'or de l'abbaye, le dortoir des moines quant à lui abrite 80 personnes au maximum. Imaginez dans une pièce comme celle-ci, deux rangées de lits en bois et une allée centrale. Entre chaque lit il y a une cloison de bois assez haute pour respecter l'intimité des moines. Contrairement aux laïcs du moyen-âge, les moines dorment tout habillés. Comme la notion de propriété est interdite, l'abbaye leur fournit leurs vêtements et objets personnels. Ils ont deux tuniques et deux coules, en laine plus ou moins épaisse en fonction du climat. La coule est la robe blanche à capuche et aux larges manches que portent les cisterciens, avec par-dessus un scapulaire noir. L'abbaye leur fournit aussi des bas, une ceinture, un couteau, des chaussures en cuir et un mouchoir. Leur literie est composée d'une paillasse, d'un oreiller de paille et d'un gros drap de laine.
On ne choisit pas sa place dans le dortoir. Les jeunes moines sont systématiquement séparés par un moine plus âgé afin d'éviter les bavardages. Une lanterne éclaire également le dortoir toute la nuit.
Comme les moines se lèvent pendant la nuit pour se rendre à l'église, ils ont le droit de faire une sieste pendant la journée. Pour se rendre au dortoir, ils empruntent alors un escalier qui donne, non pas sur l'église, mais sur le cloître.
Pour ce qui est de l'hygiène et l'intimité, elles sont assez limitées. On n'est jamais seul. Les latrines, à l'extérieur du dortoir sont communes, tout comme le lavabo du cloître où les moines se lavent ensemble le visage et les mains avant les repas. Pour le reste, les moines prennent au plus un bain dans l'année. Douze fois l'an en revanche, on leur rase le visage et le crâne en ne laissant qu'une étroite couronne de cheveux. C'est la fameuse " tonsure ". Les frères convers, eux, sont moins soignés. D'ailleurs, savez-vous comment on les surnomme ? Les frères " hirsutes " à cause de leur barbe !
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