L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

Le cloître 2

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Le cloître 2

La place dans la vigne dans l'histoire de Fontfroide

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Avec ses bancs qui invitent au repos, les teintes changeantes de ses colonnettes en marbre et les nombreux motifs végétaux qui ornent ses chapiteaux, la galerie Sud est la partie du cloître que je préfère. Vous voyez le chapiteau aux grappes de raisin devant vous ? Il est particulièrement symbolique à mes yeux. Il évoque toute l'importance de la vigne dans la vie des moines. Mais il me fait surtout penser à mon ami Gustave Fayet, et à la façon dont il a sauvé cet endroit. Ça peut vous paraître étrange mais c'est un peu le vin qui a sauvé Fontfroide du démantèlement.
Remontons le temps. Nous sommes dans les années 1890. Gustave Fayet et son épouse Madeleine d'Andoque sont tous deux héritiers de grandes familles viticoles. A cette époque, des moines vivent encore à Fontfroide. Gustave et sa femme y viennent souvent pour rendre visite au père Jean, l'abbé de Fontfroide qui est un ami de la famille. Mais en 1901, les derniers moines quittent l'abbaye pour l'Espagne et elle est rapidement mise en vente. C'est alors qu'un riche américain du nom de George Grey Barnard décide de la racheter. Son dessein : démanteler le cloître, pièce exceptionnelle, pour l'emmener aux Etats-Unis. Les Fayet prennent alors une décision qui va changer leur vie : racheter Fontfroide. De Paris, ils enchérissent par télégramme. Finalement ils remportent l'enchère contre 49 925 francs or. (ton complice) C'est ainsi que le vin a sauvé Fontfroide !
Mais ce n'est pas la seule histoire qui lie le vin et Fontfroide. Le vin a toujours tenu une grande place ici et dans les abbayes en général, notamment parce qu'il est central dans la liturgie catholique : il représente le sang du Christ pendant l'Eucharistie. Ainsi, chaque fois qu'une communauté´ monastique s'installe, elle construit d'abord l'église et puis elle plante de la vigne. Suffisamment pour les besoins de la messe mais aussi pour les repas des moines et des frères convers qui ont chacun droit à une " hémine ", soit environ un quart de litre de vin par jour.
Ajoutez à cela, le goût de bien faire, la volonté et la patience des moines, et vous obtenez de très bons résultats. D'ailleurs la France doit une grande part de sa réputation de patrie viticole à ses moines. Je vous rappelle que Dom Pérignon était un moine bénédictin du XVIIe siècle avant d'être un grand champagne. Si Fontfroide n'a pas eu son Dom Perignon, elle a produit du vin pendant des siècles. Dès le XIIIe siècle, on y cultive la vigne, mais c'est au XIVe siècle que Fontfroide produit le plus, grâce au vignoble situé à Saint Julien de Septime. Le vin de Fontfroide à cette époque est légèrement sirupeux. Une propriété indispensable pour supporter le voyage entre l'abbaye et la table des papes en Avignon, où il est également servi.
A partir du XIXe siècle, les différents propriétaires revendent peu à peu le vignoble pour faire face aux frais de restauration de l'abbaye. Heureusement, dans les années 1980 les descendants de Gustave et Madeleine Fayet reconstituent le vignoble historique avec des cépages locaux. Aujourd'hui, les vins qui sont produits à Fontfroide sont régulièrement primés.
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