L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

Le cloître 1

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Le cloître 1

Au coeur du monastère le cloitre reflète aussi la puissance de Fontfroide

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Nous voici arrivés au coeur de l'abbaye. La famille Fayet avait un attachement tout particulier pour ce cloître. C'est un endroit plein de grâce et d'harmonie où on se sent bien, n'est-ce pas ?
On imagine souvent qu'un cloître est fait pour déambuler les yeux baissés. C'est vrai, mais pas seulement. Alors que la vie des convers se déroule dans la cour de travail ou a` l'extérieur, le coeur de la vie des moines, c'est le cloître. Le silence y est de rigueur comme partout ailleurs dans l'abbaye mais il arrive que les moines communiquent entre eux grâce à une sorte de langue des signes. Ils empruntent les galeries du cloître pour se rendre aux cuisines, au réfectoire, au scriptorium ou à l'église. C'est aussi ici qu'ils font leurs ablutions matinales et leur lessive dans le lavabo, à l'intérieur du cloître.
Bien sûr, ils viennent également ici pour méditer, lire et accomplir des gestes liturgiques. Par exemple, les samedis soir se tient la cérémonie du mandatum. En mémoire du geste de Jésus au soir du jeudi saint, l'équipe de la semaine, en charge du service de la cuisine et du réfectoire, lave les pieds des moines de l'équipe suivante dans un bassin de pierre situé dans la galerie sud qui jouxte l'église. Vous le trouverez un peu plus loin à gauche
C'est aussi dans cette galerie que, chaque soir avant le diner, le père abbé lit un recueil de texte, les " collationes " de Saint Jean Cassien. C'est le seul moment où les moines sont autorisés à rompre le jeûne pendant l'avent et le carême. Voilà pourquoi le mot collation a pris le sens de repas léger.
Vous avez probablement été frappés comme moi par la beauté exceptionnelle de ce cloître. A l'origine de style roman, il était bien plus modeste que celui que vous voyez. Il a été embelli au XIIIe siècle avec les techniques de construction gothique du moment.
A cette époque, l'abbaye connait une prospérité exceptionnelle, grâce a` la brillante gestion de ses terres, mais aussi a` son rôle dans un épisode qui a profondément marque´ la région : la lutte contre l'hérésie cathare, aussi connue sous le nom de " Croisade contre les Albigeois ". L'hérésie cathare n'est pas un retour a` la chrétienté´ originelle. Elle est au contraire en opposition complète avec son dogme. C'est une croyance dualiste : tout ce qui est matériel - le corps humain, sa reproduction, la viande - vient du mal ; seul l'esprit vient de Dieu. Elle connaît un véritable engouement dans le sud de la France à partir de la fin du XIIe siècle, notamment dans la ville d'Albi, c'est pourquoi on appelait aussi les cathares, les Albigeois. En 1203, le pape Innocent III nomme légats deux moines de Fontfroide : Pierre de Castelnau et le frère Raoul. Il les charge de faire renoncer les seigneurs et les ecclésiastiques locaux a` l'hérésie. En 1208, à l'issue d'une rencontre à Saint Gilles, en bord de Rhône, Pierre de Castelnau excommunie le comte de Toulouse qui leur a refusé son aide. Le lendemain de cette entrevue, un écuyer du comte assassine Pierre de Castelnau. Furieux, le pape déclenche alors la croisade contre les Albigeois. La répression est sanglante. Quand l'Eglise catholique reprend le pouvoir dans la région, de nombreux seigneurs du Languedoc font amende honorable sous forme de dons substantiels a` l'abbaye de Fontfroide. Ces dons, ainsi que des confiscations et des legs, l'enrichissent considérablement. Ils permettent de financer de nombreux embellissements.
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