L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

Le cellier

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Le cellier

Le principal lien de l'abbaye avec le reste du monde

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Nous voici au seuil du monde extérieur. Le cellier est la pièce la plus froide de l'abbaye. Fontfroide protège plutôt bien ses habitants des grosses chaleurs, mais il m'arrivait de venir y chercher un peu de fraîcheur les jours de canicule.
C'est ici qu'était fabriqué et conservé le vin de l'abbaye. On y trouvait un pressoir et d'énormes foudres de chênes où vieillissait le vin. Les granges de Fontfroide produisaient par ailleurs des céréales et élevaient aussi un troupeau de 20 000 têtes. C'est dans ce cellier qu'on stockait la part de la production destinée à nourrir les moines et les frères convers.
Les granges sont à la base du succès économique de l'ordre cistercien. Fontfroide en a possédé jusqu'à 24 ainsi que 30 000 hectares de terre, jusqu'en Espagne. Ces communautés, qui souhaitent vivre en autarcie, se retrouvent dès le XIIIe siècle à la tête d'une grande richesse, notamment grâce à la bonne gestion des cellériers. Ce sont eux qui gèrent les affaires matérielles de l'abbaye, dedans et dehors. C'est une lourde charge que le père abbé ne peut confier qu'à un homme de qualité. Les granges cisterciennes fonctionnent comme les filiales d'une grande entreprise d'aujourd'hui : chacune d'elles est administrée par un maître de grange, un convers qui obéit aux ordres du cellérier. Il a autorité sur les frères convers qui travaillent avec lui et sur les salariés laïcs, appelés aussi mercenarii.
Progressivement, la prospérité des abbayes cisterciennes devient telle qu'en 1335, Benoit XII doit rappeler l'interdiction d'aliéner les terres ou d'emprunter de l'argent sans l'accord du chapitre, et surtout l'interdiction de thésauriser. La richesse doit être réinvestie.
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