L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

La chapelle des étrangers

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La chapelle des étrangers

Symbole de l'hospitalité cistercienne

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Nous arrivons maintenant devant la chapelle des étrangers. Quand Gustave Fayet et sa femme ont entamé les travaux de rénovations, je me souviens qu'ils ont choisi de faire de l'étage de cette chapelle un cabinet de travail qui abriterait la collection de poteries antiques et de fossiles de leur fils. Le jeune Léon était passionné d'archéologie. Madeleine, sa mère, a ainsi demandé à Richard Burgsthal en 1923 de créer des vitraux sur ce thème pour décorer les ouvertures du haut.
Les murs de ce bâtiment, dont on voit un appareillage de pierres en " arêtes de poissons " de style caroligien, sont probablement les ultimes vestiges du tout premier monastère de Fontfroide. En 1093, un groupe d'ermites se regroupe dans le massif des Corbières pour vivre en communauté selon les préceptes de Saint Benoit. Le vicomte Aymeric de Narbonne les autorise à s'installer sur les terres de Fontfroide qui lui appartiennent. Un siècle et demi plus tard, en 1157, la vicomtesse Ermengarde de Narbonne leur fait officiellement don des terres qui entourent le monastère. C'est à ce moment là, que commencent les travaux de l'actuelle l'abbatiale. L'ancienne chapelle devient alors la chapelle dite " des étrangers ". En effet, comme tous les monastères, l'abbaye de Fontfroide a un devoir d'hospitalité. Elle doit accueillir les dignitaires en visite, les pèlerins ou les pauvres qui viennent demander l'aumône. Ces étrangers assistent aux offices religieux dans cette chapelle, à l'extérieur de la clôture. C'est à dire à l'extérieur de l'espace réservé aux membres de la congrégation.
A propos d'hospitalité´, le père Jean, le dernier père abbé de Fontfroide, était célèbre dans la région pour son dévouement hors du commun envers les visiteurs qui passaient à l'abbaye. C'est un des treize moines Cisterciens de l'Immaculée conception qui reviennent vivre à Fontfroide en 1858, soixante sept ans après le départ de ses derniers habitants. Dans cette abbaye dénuée de tout confort, ils renouent avec le mode de vie austère des origines. Leur rayonnement spirituel grandit rapidement. Le père Jean devient un directeur de conscience réputé. C'est auprès de lui que meurt Saint Antoine Marie Claret, l'ancien archevêque de Cuba, devenu confesseur de la reine d'Espagne et réfugié à Fontfroide pour fuir la révolution espagnole. Le père Jean meurt en odeur de sainteté en 1895 à l'abbaye à l'âge de 80 ans. Ses funérailles rassemblent une foule considérable. Il est enterré dans une petite chapelle derrière le maître autel. Le jour où Gustave m'a fait visiter Fontfroide pour la première fois, je suis allé me recueillir un long moment sur la tombe de ce brave homme. Son procès en béatification est toujours en cours. Son portrait posthume a été peint par Gabriel Fayet, le père de Gustave, qui entretenait une véritable relation d'amitié avec le saint homme.
C'est le bon père Etienne, père Hôtelier, qui dirige la communauté de Fontfroide en 1901, lorsque la loi sur les associations est promulguée et oblige les communautés religieuses à obtenir une autorisation légale pour exister. Les moines de Fontfroide refusent d'obéir et s'exilent en Espagne. Le bon père Etienne, gravement malade, meurt le jour même du départ. Les moines déjà sur le chemin de l'exil, doivent revenir à Fontfroide pour l'enterrer
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