L'Abbaye de Fontfroide, 9 siècles d'histoire et d'art >

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L'abbatiale de Fontfroide, une cistercienne modèle

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Vous voici devant le maître autel de l'abbatiale de Fontfroide. A l'époque où Gustave Fayet commence les restaurations, on découvre une tombe et des ossements ici, au pied de l'autel. Une grande question occupe alors les Fontfroidiens des soirées entières : qui peut bien être enterré là ? On découvre rapidement que c'est Arnaud Nouvel, cardinal et 38ème père abbé de Fontfroide, enterré ici selon ses voeux.
Cette immense abbatiale peut sembler démesurée pour 80 moines, mais sa taille symbolise surtout l'importance de Fontfroide et de l'ordre cistercien au XIIe siècle.
Voici comment tout a commencé. En mars 1098, quelques moines fondent un nouveau monastère près de Dijon, sur un terrain baptisé cistel. Ils souhaitent revenir aux fondamentaux de la règle de Saint Benoit, un texte écrit en 547 qui encadre la vie monastique. Leur mode de vie austère et humble ainsi que leur grande spiritualité attirent de nombreuses recrues. En 1119, l'abbaye et l'ordre qu'elle dirige désormais prennent le nom de Cîteaux. Des abbayes " filles " sont ensuite fondées. Parmi elles, l'abbaye de Clairvaux dirigée par Bernard de Fontaine, une figure majeure de l'église catholique. Ces dernières créent à leur tour de nouvelles abbayes ou en assimilent d'autres, comme Fontfroide en 1145. C'est elle qui fonde ma chère abbaye de Poblet, en Catalogne. Même si son influence décline à partir du XIVe siècle, l'ordre cistercien et la personnalité de Bernard de Clairvaux, qui en est devenu le maitre spirituel, resteront très influents au sein de l'Église catholique, au moins jusqu'à la Révolution.
La construction de l'abbatiale de Fontfroide a commencé en 1150, 5 ans après qu'elle soit devenue cistercienne. Elle a duré 2 siècles ! De l'extérieur on ne s'attend pas à de telles proportions, pourtant l'abbatiale de Fontfroide est l'une des plus grandes églises cisterciennes construites au XIIe siècle. Elle mesure 53 mètres de long et sa nef, c'est-à-dire l'allée centrale, est couverte d'une voûte en berceau brisé qui culmine à vingt mètres de haut. Le collatéral sud de la nef, c'est à dire l'allée de droite quand vous regardez l'autel, compte cinq chapelles gothiques qui datent du XIVe siècle. Elles ont été édifiées pour permettre aux moines ordonnés prêtres de célébrer leurs messes privées sans perturber l'emploi du temps commun. Devant vous, surélevés de deux marches, le choeur et l'abside ont été remaniés au début du XIVe siècle mais l'abside a gardé sa voute en cul de four, autrement dit en quart de sphère.
Les moines se rendent régulièrement à l'abbatiale pour les prières obligatoires. Pendant la nuit : Vigiles d'abord, vers 2h du matin, puis Matines suivies des Laudes à l'aube. Ils reviennent ensuite pour les Vêpres le soir et juste avant le coucher, pour Complies. Pour faciliter l'accès à l'abbatiale en pleine nuit, un escalier relie le dortoir des moines directement à l'église. Il est au fond de la croisée nord du transept, à votre gauche si vous faites face à l'autel. Mais l'église n'est pas le seul espace de dévotion pour les moines. Ils disent Prime dans la salle capitulaire et Tierce, Sexte et None sur leurs lieux de travail.
Pour les convers, c'est nettement plus simple : ils assistent seulement à la messe des samedi, dimanche et des jours de fêtes religieuses, placés derrière une séparation en bois située vers le milieu de l'église.
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