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Saint-Viâtre

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Saint-Viâtre

Saint-Viâtre
Nous sommes près de l'église, du côté de la galerie.
Certains, en Sologne, appellent cela un caquetoir, un endroit où bavarder après la messe !

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Et surtout, c'était un lieu de sépulture. Surtout au moment de l'hiver.
Gérard Lainé, de la maison des étangs et du patrimoine, a compté 105 tombes autour de l'église Saint-Viâtre, creusées entre 1730 et la Révolution française.
Le cimetière, comme dans beaucoup de paroisses était situé autour de l'église. L'hiver, quand le sol gelait, on ne pouvait pas creuser les tombes donc on inhumait les gens sous les galeries.
Ces galeries ont été détruites au 19ème siècle. Celle que vous voyez date... de 2006 ! La commune l'a reconstruite en vieux bois non protégé ! C'est bluffant, non ?
Le nom du village a changé au cours des siècles comme le raconte cette légende.
Il y a très longtemps, un ermite du nom de Viâtre vivait retiré dans les bois de Sologne. A sa mort, son corps fut déposé dans un cercueil de bois de tremble. Quelques temps après, oh miracle ! Un petit arbre, un tremble, prend racine sur le tombeau. On construit alors une crypte sur les reliques de l'ermite, puis un village qui prend le nom de Tremblevy.
Au 17ème siècle, ce nom devient Tremblevif à cause des fièvres provoquées par le paludisme. Pourquoi cette maladie s'est-elle propagée en Sologne ? A cause des guerres de religion.
Beaucoup de propriétaires terriens étaient des protestants. Ces protestants sont partis, en Angleterre ou en Suisse et ils ont abandonné leurs propriétés et les étangs. Les étangs sont devenus des marécages où se sont développés les moustiques. Le moustique est le vecteur du paludisme. J'ai regardé l'état civil en 1830, il y avait 1200 habitants au village, 550 étaient malades.
Imaginez que la commune compte à elle seule cent-trente-cinq étangs ! Ils couvrent 10% de sa superficie. Il y avait de quoi héberger quelques milliers de moustiques !
Le nom était quand même difficile à porter et les habitants ont choisi de rebaptiser Tremblevif qui devient Saint-Viâtre en 1854.
Saint-Viâtre, l'ermite, justement, n'est pas toujours resté dans la crypte... enfin ses restes ! Le reliquaire était parfois sortis de l'église en procession jusqu'au chaffaud, une construction de brique datant du 15ème siècle et classée monument historique. Les villageois pouvaient alors toucher les reliques en espérant un miracle.
Cette place est importante dans la vie du village depuis bien plus longtemps selon Gérard Lainé.
C'était certainement à l'origine une tour de guet en bois qui datait des Gaulois. Au Moyen-âge, on y faisait des pièces de théâtre, des mystères, pour représenter, la plupart du temps les mystères de la Bible. Et là, c'était aussi le droit de haute justice, on exécutait les condamnés à mort là, sur le chaffaud.
Avant de quitter cette place, jetez un oeil au clocher. Vous le verrez mieux depuis l'autre côté de l'église. Il est tors... tordu en quelques sortes, parce que sa charpente n'a pas bien résisté au temps. Et surtout, dans l'église, ne manquez pas le polyptique du 16ème siècle qui raconte, notamment, la vie de Saint-Viâtre.
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