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Pont de Loumé

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Pont de Loumé

Nous sommes sur le pont de Loumé.
Il a l'air plutôt paisible, ce cours d'eau... Mais ne vous fiez pas aux apparences... Je devais avoir 12 ou 13 ans, il y a eu une grande inondation.
Michel Labarthe fait partie des amis du Vieux Salies.

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Ma grand-mère tenait une épicerie-mercerie et tous les commerçants étaient obligés de monter leur marchandise dans les étages parce que tous les rez-de-chaussée étaient inondés. Pour aller faire nos courses, nos commissions, il y avait une barque qui emmenait acheter le pain, les charcuteries ou la viande. Pour nous, c'était extraordinaire : on mettait de grandes bottes et on pataugeait dans l'eau toute la journée. Il n'y avait pas d'école. Je me revois sur les barques avec les copains, c'était fantastique.
A gauche, observez la maison sur pile qui avance sur le cours d'eau. Vous en verrez d'autres, tout aussi jolies, en vous promenant le long du Saleys.
On dit bien sur piles, en pierre, et non sur pilotis qui sont des pieux en bois.
C'est à cause des crues ?
Non, les habitants ont cherché par ce moyen à agrandir leurs habitations pour rester en centre-ville et faire partie des parts-prenant. Vous allez comprendre pourquoi en écoutant Jean-Pierre Dufourq-Brana qui les représente.
Les parts-prenant sont les descendants en ligne directe des premiers Salisiens installés à Salies en 1587. C'est le 11 novembre que les Salisiens ont voté à l'unanimité le règlement qui nous gère aujourd'hui.
Ça s'est toujours transmis et c'est stabilisé à 500 familles à peu près, aujourd'hui.
" Aucun enfant ayant son père en vie, et quoiqu'il soit fils d'héritière ne tirera le compte d'eau salée jusqu'à ce qu'il soit marié et tienne famille à part avec sa femme. "
C'est un extrait du règlement établi il y a près de 500 ans !
En dix articles, il précise qu'il faut remplir trois conditions pour être part-prenant : habiter Salies, descendre de Salisiens et être marié !
A l'époque où le sel valait cher, on comprend pourquoi les gens voulaient à tout prix habiter en centre-ville ou pourquoi les Salisiennes étaient convoitées !
Il suffisait d'épouser une Salisienne pour devenir part-prenant alors il y a des histoires rigolotes avec de jeunes garçons qui épousaient des femmes assez âgées en espérant qu'elles quittent assez vite la vie pour bénéficier de ce statut et de ce droit.
Aujourd'hui, être parts-prenant, c'est surtout une fierté. Les membres ne recueillent que quelques dizaines d'euros symboliques par an mais ils se savent héritiers d'une longue tradition.
De ce fait, des Salisiens partis il y a 2 ou 3 siècles à l'étranger, en Chine, aux Etats-Unis, leurs descendants reviennent plusieurs siècles après et peuvent s'inscrire s'ils peuvent prouver qu'ils ont le droit du sang et au bout de 6 mois, ils ont le droit du sol, ils sont copropriétaires de différents immeubles dont la source de sel de Salies.
Si le temps est bien sec, le cours du ruisseau peut vous offrir une petite promenade. En passant, jetez un oeil à la plaque sur la maison Lacoste, elle rappelle les crues les plus spectaculaires du Saleys.
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