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Basilique Saint-Denis

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Basilique Saint-Denis

Vous en aviez souvent entendu parler. Eh bien la voici, la célèbre basilique-cathédrale, emblème de toute une ville.
Basilique ou cathédrale ?
Les deux à la fois ! Puisque d'un point de vue architectural, elle a été construite à l'époque médiévale, sur le plan des basiliques romaines. Et cathédrale pour son importance dans la hiérarchie épiscopale, puisqu'un diocèse a été créé à Saint Denis en 1965.

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Remontons maintenant le cours de l'histoire. Nous sommes au 3 ème siècle.
" Ainsi en a décidé l'empereur Dèce, tu seras, Denis, décapité, tout comme tes compagnons, Rustique et Eleuthère. "
Ecoutons le père Dominique Lebrun, curé de la paroisse. Il nous dresse un rapide portrait de ce saint qui fut le premier évêque de Paris :
" Saint-Denis était un Grec, habitant à Rome, envoyé par l'Eglise de Rome pour les premiers Chrétiens qui habitaient dans ce coin de Gaule. Saint Denis est mort après avoir été condamné par le gouverneur romain. Il a été décapité à Montmartre, qui s'appelle le mont des martyrs, parce qu'il ne voulait pas, avec les Chrétiens qui habitaient ici, sacrifier à l'empereur. Saint Denis a été enterré comme le Christ, dans un tombeau qui n'avait encore servi à personne. Une femme chrétienne, Catula, a voulu lui consacrer son champ fraîchement labouré, pour qu'il ait une sépulture vierge. "
La légende raconte que saint Denis serait venu de Montmartre avec sa tête dans les mains.
Ce qui est sûr, c'est que le corps de Saint Denis a été découvert, à l'emplacement précis de la crypte. On y trouve les fondations de la première chapelle du 5 ème siècle, et celles de la première église, bâtie deux siècles plus tard. Pour y accéder, moyennant un billet d'entrée, il faut contourner l'édifice par la droite.
C'est également au 7 ème siècle qu'une communauté religieuse érige, sur la droite, une vaste abbaye afin d'entretenir le tombeau de Saint Denis et d'accueillir les pèlerins qui viennent de plus en plus nombreux.
Il faut dire que, très vite, le martyr Saint Denis fait l'objet d'un culte indéfectible, que lui vouent notamment les plus grands du royaume
A partir du règne de Dagobert Ier, au 7 ème siècle, les monarques français choisissent de se faire enterrer à Saint Denis.
Vous voulez savoir pourquoi ? Francis Dubrac, le président de l'Office de tourisme de Saint-Denis Plaine Commune, nous livre une clef, sous forme de légende :
" Dagobert serait à l'origine de la nécropole royale. Il s'avère que l'endroit où est enterré Denis est au départ une petite ferme gallo-romaine perdue au milieu des bois. Et ces bois font eux-mêmes partie du territoire de chasse des rois de France, qui va de Saint Denis jusqu'aux faubourgs de Paris. Et à chaque fois que le roi vient chasser avec sa chasse royale, ses chiens de meute perdent le gibier à chaque fois qu'ils passent devant cette petite chapelle. Alors, tout le monde a ça en tête. Et Dagobert a ça en tête justement le jour où lui-même va être en quelque sorte le gibier, son père a certainement quelque chose à lui reprocher puisqu'il lâche toutes ses troupes contre lui pour le capturer. Et Dagobert va se cacher dans cette petite chapelle. Et dans cette nuit où il a peur d'être capturé et mis à mort, il va faire deux promesses à Dieu. La première, c'est de construire une basilique en ce lieu, en remerciement. Et la deuxième, c'est de s'y faire enterrer et d'y faire enterrer tous ses descendants. "
Si vous entrez au fond de la basilique, vous découvrirez plus de 70 gisants, qui jadis étaient peints de toutes les couleurs, et puis aussi des mausolées, construits, eux, à partir de l'époque Renaissance. Cela représente vraiment un patrimoine inestimable.
Les corps des rois se trouvent... à l'intérieur de ces sculptures ?
Gisants et mausolées ont été érigés au dessus des sarcophages, mais à la Révolution, le peuple a profané les sculptures et jeté les ossements dans un charnier. Rassemblées désormais, les dépouilles royales reposent dans un ossuaire, à l'intérieur de la crypte
Encore un mot sur les gisants : 16 d'entre eux ont été réalisés à l'initiative du roi Saint Louis. Dans une volonté centralisatrice, il n'a pas hésité à faire rapatrier vers Saint Denis les corps de ses ancêtres.
Lui-même mourra de la peste, à Tunis, lors d'une croisade. Pour éviter les épidémies, son fils, Philippe le hardi, prendra soin, avant de le ramener ici, de faire bouillir son cadavre afin d'éviter la contagion.
A notre droite, un petit édifice. C'est la reconstitution d'une montjoie, une sorte de borne commémorant le passage du corps de Saint Louis... On dit que Philippe le hardi, transportant la dépouille de son père, s'est reposé devant plusieurs de ces monuments entre Paris et la nécropole royale.
Derrière nous, sur la gauche, au fronton de la mairie, une devise :
" Montjoie Saint Denis ! "
C'est une formule de ralliement, la recherche aussi d'une protection, lorsqu'on s'en va en guerre ou en croisade.
Jeanne d'Arc elle-même, blessée aux portes de Paris vient chercher l'appui de Saint Denis. Elle est ici en 1429.
" A toi, Saint Denis, j'offre mes armes. Accorde-moi, je t'en prie, quelques forces encore pour bouter les Anglais hors de notre chère terre de France. "
Intéressons-nous à présent à l'architecture du bâtiment
Cette basilique, qui présente une façade à dominante romane, constitue en fait l'un des tout premiers édifices gothiques de France.
Signe qui ne trompe pas, la rosace, au dessus du portail central. Et puis, à l'intérieur, vous observerez l'usage de la voûte sur croisée d'ogive. Elle permet d'aménager d'immenses vitraux et surtout de construire haut, très haut, jusqu'à 35 mètres pour la nef.
Observons maintenant la façade qui se dresse devant nous.
Au-dessus du portail central, sculptée, une scène du jugement dernier. Au dessus du portail de droite, c'est la dernière communion de Saint Denis. Il est représenté avec une mitre d'évêque. On l'a dit, en effet, il est considéré comme le premier évêque de Paris.
Toujours lorsqu'on se trouve devant le portail de droite, on aperçoit, de chaque côté, des sculptures verticales figurant les travaux des mois.
Vous reconnaissez celui qui est en bas à droite ? C'est janvier, symbolisé par Janus, ce personnage à deux faces. L'une regarde l'année écoulée, l'autre l'année qui débute.
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