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Ceton

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Ceton

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Nous sommes à Ceton, devant le prieuré St-Pierre.
Positionnez-vous devant le Monument aux Morts, face à l'entrée latérale du prieuré.

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Aujourd'hui, pour admirer cet édifice, vous avez les pieds bien au sec. Mais ça n'a pas toujours été ainsi. Si vous étiez arrivés voila 1 000 ans, vous auriez eu les pieds dans l'eau.
Vous auriez vu un marécage, une petite église du 8ème siècle ... Il y avait aussi ici un château et ...
Mais regardez : cette église est étrange. Le choeur n'est pas aligné avec la nef. Certains disent que cette disposition rappelle la tête penchée du Christ sur la croix.
Mais non, pas du tout. Le donjon du château dont je vous parlais il y a un instant est devenu le clocher. Après la guerre de 100 ans, les moines ont décidé de relier leur chapelle au donjon. Ils ont bâti cette belle nef.
Et ce clocher ! Regardez ces murs tellement épais. A la base, ils mesurent 1 mètre quarante.
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On l'a souvent comparé au donjon du château de Nogent-le-Rotrou et aussi au clocher fortifié de l'église St-Pierre de Chartres. Ici, le clocher a été bien restauré. Il y avait une vilaine porte en façade. Elle avait été ouverte en 1840 pour laisser passer l'évêque !
Si vous le souhaitez, et si c'est ouvert, vous pouvez entrer dans la nef. Regardez bien les piliers : vous remarquerez sur chacun d'entre eux une niche.
C'est l'abbé Géhan qui les a découvertes.
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" J'ai regardé les registres paroissiaux et notamment au moment des grandes pestes vers 1600. Certains se faisaient inhumer dans l'église et j'ai retrouvé la trace d'une centaine de personnes. Pour certains, on précise que cette personne a été inhumée au pied du pilier St-Jacques. Chacun des 6 piliers de l'église a un propriétaire. Je gratouillais le mur, je voyais rien, aucune trace de peinture.
Mais c'est en prenant un marteau, en frappant le pilier à certains endroits, je sentais que ça ne résonnait pas pareil. Alors j'ai pris un petit burin et j'ai trouvé les six niches et dans l'un des piliers j'ai trouvé la statue d'une petite sainte Barbe qui était là. "
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Les niches ont été restaurées et les 6 statues recréées : St Jacques, Ste Geneviève, St Christophe, Ste Barbe, St Join et St Roch.
Si au 18ème siècle, on avait caché ces niches et ces statues, c'est peut être par excès de zèle.
Oui car l'évêque de Sées visitait les églises de son diocèse avec pour mission d'inhumer toutes les statues et les portraits jugés trop provocants. Par exemple St Roch relevant sa robe pour montrer ses stigmates aux cuisses !
Dans cette église, on n'a quand même pas tout caché. On voit par exemple très bien sur l'un des côtés de la nef un autel du 12ème siècle provenant de l'abbaye cistercienne des Clairets. Pour l'installer, il a fallu retailler tout le décor sculpté ! Quel travail !
L'abbaye des Clairets se trouve près de Ceton. Elle a été créée au 13ème siècle.
Vous y passerez en vous rendant à notre prochaine étape. Laissez-nous vous en dire 2 mots.
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Au 13ème siècle, le Perche comptait 79 abbayes et prieurés de plus ou moins grande importance. Toutes étaient des communautés d'hommes. Il fallu attendre la création des Clairets pour enfin avoir une communauté de femmes.
Non... c'est vrai. Mais dans la chrétienté de mon époque, c'était comme ça.
Oh pardon, je ne me suis pas présenté. Geoffroy V, comte du Perche, mort en 1202 à Soisson. Je devais partir en croisade. Mais Dieu m'a rappelé à lui. Et pourtant, je m'étais promis de fonder une abbaye de religieuse dans ma forêt des Clairets.
Ma pauvre femme ne l'a pas oublié. Elle a fait don de ces terres aux religieuses. 10 ans après ma mort, l'abbaye était terminée. "
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Plus tard, beaucoup plus tard, à la fin du 16ème siècle, cette abbaye accueillit un pensionnat.
(Sur un ton ironiquement précieux)
Un établissement trèèèès bien fréquenté...
Oui. Le pensionnat des Clairets accueillait les jeunes filles des grandes familles de la noblesse du Perche.
Avec la révolution, l'abbaye subit le même sort que d'autres édifices religieux.
Elle sera vendue aux enchères. 60 000 francs de l'époque.
Aujourd'hui, il n'y a plus que la maison des chapelains et la grange aux dîmes reconvertie en chapelle privée.
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