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Le baptistère des Gaules

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Le baptistère des Gaules

Nous sommes sur le flanc gauche de la cathédrale, dans le jardin archéologique, au milieu des vestiges des églises de Sainte-Croix, Saint-Etienne et Saint-Jean-Baptiste. Elles composaient autrefois le groupe cathédral.
Ca veut dire qu'il y avait plusieurs édifices ?
Oui, chaque église avait un rôle spécifique. Par exemple, Sainte-Croix, qui était au niveau de l'arche, servait à l'enseignement des catéchumènes...

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euh ?...
Ceux qui voulaient devenir chrétiens.
Ils devaient d'abord être baptisés pour avoir le droit d'entrer dans la cathédrale. Une cérémonie qui avait lieu dans le baptistère devant vous, la grande vasque octogonale protégée par une vitre.
C'est vrai : à l'époque le baptême se faisait par immersion. Maintenant on baptise par effusion à l'intérieur de la cathédrale.
Mais alors, quand a-t-on construit la cathédrale St-Jean-Baptiste telle qu'on la voit aujourd'hui ?
Les premières pierres sont posées en 1180... les dernières en 1399. Plus de deux siècles ! Et pendant ce temps, l'architecture a le temps d'évoluer... On a commencé avec le style roman pour finir par le gothique flamboyant. Du chevet à la nef.
Effectivement, des rosaces de plus en plus grandes, des arcs qui s'ouvrent davantage de gauche à droite, et sur les deux dernières travées il n'y a plus qu'une seule grande fenêtre entre les contreforts.
Didier Repellin connaît bien l'histoire de l'édifice. C'est l'architecte en chef des monuments historiques.
Avec la primatiale, c'est ce qui est très intéressant, c'est deux siècles et demi de création permanente, où on se réadapte, où on voit que Lyon est dans une vallée et sur un lieu de communication, donc tous les artistes, les tailleurs de pierres ou les sculpteurs venaient d'ailleurs et nous apportaient les influences de ce qu'ils avaient découvert, appris, compris donc ça donne un édifice très vivant de ce coté là.
Les matériaux évoluent eux aussi. Les pierres au bas du chevet et du transept : c'est du choin.... Une pierre extraite par les Romains dans le Bugey, pas très loin d'ici. Ces blocs avaient servi à construire les édifices romains de Lugdunum... ils sont donc réutilisés au Moyen-âge.
Les blocs plus petits et plus colorés au niveau de la nef, c'est de la pierre de Lucenay, issue des carrières du Beaujolais.
La cathédrale pouvait aussi être un terrain de jeu et d'expérimentation pour les bâtisseurs.... Surtout dans les parties hautes qui échappaient à l'oeil des fidèles. Didier Repellin a pu le constater en montant sur le toit
Les parties hautes c'est un peu l'univers des tailleurs de pierres et des sculpteurs et quand vous avez travaillé une décennie ou deux décennies avec une équipe ça crée des liens tout-à-fait particuliers et souvent les sculpteurs rendaient hommage à l'un des leurs, qui les avaient bien mené...
Une tradition encore honorée aujourd'hui par les ouvriers qui ont participé à la rénovation de cette façade nord, dans les années 2000. L'un d'eux a sculpté une gargouille à l'effigie du chef de chantier...
c'est la preuve même que c'est du patrimoine vivant qui se renouvelle en permanence.
Vous pourrez la voir en vous rapprochant de la place St-Jean, elle fait face au mur de la rue St-Etienne.

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