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Machecoul

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Machecoul

Nous sommes à Machecoul, face aux ruines du château de Gilles de Rais
Dans ce château, au 15 ème siècle, vivait Gilles de Rais. On raconte que cet ancien Maréchal de France, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, a des penchants pour l'alchimie et essaye de fabriquer de l'or à partir du sang de jeunes enfants. L'homme est accusé d'avoir commis des crimes partout où il vivait : à Champtocé , Nantes, Tiffauges et ... à Machecoul.
Emmanuel Leduc est le président de l'Association Machecoul Histoire.

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" On a constaté un certain nombre de disparitions et puis Gilles de Rais, ses chambriers, Henri et Poitou avouent un certain nombre de meurtres en particulier de jeunes garçons. Gilles de Rais estime qu'il a eu du plaisir lors de ces meurtres. Des meurtres un peu rituels. Maintenant de là à parler de messes noires comme certains, c'est exagéré. Les gens qui défendent l'idée de l'innocence de Gilles de Rais partent du principe que comme il n'y a pas de cadavres, donc il n'y a pas de meurtres, et donc par là même il n'y pas de meurtrier. "
Et pourtant il y aura un procès !
Gilles de Rais ne sera pas arrêté à cause de ses meurtres mais parce qu'il entre armé dans une église.
" Gilles de Rais se fait coincer tout simplement parce qu'il a violé les immunité ecclésiastiques en entrant dans l'église de St Etienne de Mer Morte, armé pour s'emparer d'un clerc tonsuré qui célèbre la messe ce jour là. Gilles de Rais trouvait qu'on abusait de lui et il a l'impression -dans l'achat du château de St Etienne de Mer morte- qu'il a été berné. Donc il veut reprendre son bien y compris par la force. Et il commet une première erreur qui est d'entrer en armes et d'autre part il s'en prend également au sergent de police qui vient réclamer la libération du prisonnier et qui lui-même se retrouve pris comme otage. On va donc le juger à Nantes : il va avoir droit à un double procès, un procès ducal, civil et un procès ecclésiastique conduit par l'évêque de Nantes... "
Le procès a lieu à Nantes en octobre 1440.
Gilles de Rais avoue ses crimes. Son récit est tellement horrible que le président du tribunal retire son manteau d'hermine et en recouvre le grand crucifix derrière lui.
Et Gilles de Rais déclare : " Jamais Dieu ne me pardonnera si vous-mêmes n'intercédez pas pour moi ! "
On raconte que la foule se jette alors à genoux et se met à prier.
Gilles de Rais sera pendu puis brûlé.
Ici, à Machecoul, son château sera vendu. Aujourd'hui c'est encore une propriété privée. Des visites guidées vous permettront de découvrir son histoire très riche et surprenante, au-delà de la période de Gilles de Rais... Ne manquez pas non plus le repas spectacle médiéval de l'association " Rais Création " qui se déroule au printemps et le son et lumières organisé autour du château en juillet. Renseignez vous auprès de l'office de tourisme
Machecoul connaîtra d'autres moments très agités. En 1793, ce sont les guerres de Vendée.
" Ah bonjour. Ne restez pas là, c'est dangereux ! Ici on se bat ! Les blancs contre les bleus. Les blancs ...ceux de l'armée royale et catholique. Les Bleus, c'est nous ! Les Républicains !
Machecoul, à l'époque a les idées plutôt ouvertes aux républicains , alors que la campagne alentour est fidèle au roi. La petite ville changera de mains quatre fois. De vrais massacres.
Mais en temps de paix, Machecoul est aussi une ville très commerçante, entre forêt et marais. Ses halles près de l'église en témoignent. Elles ont été construites comme le pavillon Baltard à Paris.
Retournez maintenant à votre voiture. Vous voyez ce petit canal devant vous ?
Il parait anodin. Et bien pas du tout. C'est ce qu'on appelle un canal d'amenée .
Hervé de Villepin, directeur de la Compagnie des Ports
" C'est le canal qui a été crée pour relier la rivière le Tenu à la rivière le Falleron . La rivière le Tenu s'écoule vers la Loire. C'est par cette station de pompage de la Pomeray que l'eau de Loire est envoyée vers les 10 000 hectares du marais breton. Ce petit canal d'environ quatre kilomètres reçoit de six à huit millions mètres cubes d'eau tous les étés pour alimenter les 10 000 hectares du marais breton. Il faut savoir que dans un hiver normal, ce réseau hydraulique assure l'évacuation de 600 millions de mètres cubes à peu près. "
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