Hyères les Palmiers : découverte entre terre et mer >

Park Hôtel

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Park Hôtel

Nous sommes au Park Hôtel.
Asseyez-vous sur un banc, dans les jardins, face au bâtiment.
Quand vous pensez tourisme, vous pensez mer. Et pourtant ce n'est qu'à partir des congés payés de 1936 qu'on se presse sur les plages...

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Avant, c'est ici, en pleine ville, qu'affluent les visiteurs.
L'essor remonte à la fin du 18 ème siècle. A l'époque, Nice -encore italienne- est relativement enclavée, tout comme Cannes. Et c'est Hyères qui attire le plus de visiteurs prestigieux.
Parmi eux, beaucoup d'Anglais, et non des moindres : la reine Victoria en personne vient ici, à la fin du 19 ème siècle.
Et à l'époque, dans de nombreux magasins, les écriteaux sont alors rédigés à la fois en français et en anglais.
A ce moment-là, on ne parle pas d'estivants. C'est en hiver qu'on vient à Hyères. Le climat permet de soigner la tuberculose... Et puis, il est de bon ton, aussi, d'entreprendre un long voyage en Europe au terme de ses études...
Hyères est alors l'une des étapes les plus courues.
Construit par un Suisse, le Park Hôtel fait partie des 14 palaces construits au cours du 19ème siècle qui cohabitent avec les villas belle époque disséminées dans la ville.
Observez sa façade néo-classique, inspirée de l'Antiquité, ainsi que ses deux rotondes, de part et d'autre du jardin.
Dans ce jardin, qui jadis s'étend sur bien des hectares, tout autour de nous, on trouve de nombreux orangers. Au milieu du 16 ème siècle, Catherine de Médicis, qui y fait construire une maison, tombe en admiration devant ces arbres.
Plus d'un siècle plus tard, Louis 14, devient propriétaire du domaine, surnommé, depuis, " jardin du roi ". Il y fait déraciner quelques orangers pour les expédier ...jusqu'à l'orangerie de Versailles !
Hyères, qui se situe à la pointe méridionale de la Côte d'azur, jouit d'un microclimat très favorable.
Plus de 300 jours d'ensoleillement par an et quasiment jamais de températures négatives !
Aussi, de tous temps, on y introduit des espèces exotiques, parmi lesquelles, bien sûr, le palmier, originaire de Chine, du Mexique ou encore d'Afrique. Ecoutez les explications de la palmiériste Violette Decugis :
" Rendons grâce quand même à la perfide Albion. Ce sont les Anglais qui sont à l'origine de l'introduction, entre autres, des palmiers sur la Côte. Mais il n'y a pas que les Anglais, il y a aussi les richissimes amateurs de botanique qui étaient russes, qui étaient hollandais, français... Il y avait beaucoup de Français... qui venaient passer l'hiver sur la Côte. Ils ont ramené la végétation avec eux pour reformer les paysages qu'ils avaient vu ailleurs."
Aujourd'hui, le palmier est devenu l'emblème de la Côte d'Azur.
Et Hyères, qui un temps aurait mérité aussi le surnom de Hyères-les-orangers , s'appelle officiellement Hyères-les-palmiers . Un nom inventé au 19ème par un certain Godillot, industriel fortuné qui chausse les armées napoléoniennes...
et fabrique des... godillots.
Hyères-les-palmiers , quoi qu'il en soit, porte bien son nom, puisque la commune ne compte pas moins de 18 000 palmiers et qu'elle exporte ces plantes un peu partout de le monde. Un commerce particulièrement florissant au début du 20 ème siècle : un million de plantes produites par an !
Soit dit en passant, Hyères est aujourd'hui l'une des villes françaises qui exportent le plus de fleurs coupées, destinées aux bouquets .
Observez maintenant la sculpture sur la terrasse du Park hôtel.
La Hyéroise Lisa Deck, nous parle de cette oeuvre, que l'on peut exposer dans six positions différentes :
" C'est un travail qui est parti sur l'idée de la forme foetale, donc une forme que l'on retrouve dans beaucoup d'actes de vie, dans notre vie, dans notre parcours d'humain, notamment dans les actes d'amour (on se colle, on se replie l'un sur l'autre), aussi lorsque l'on s'endort, lorsqu'on n'est pas bien, forcément, dans les comas profonds. Donc c'est une position qui symbolise effectivement la vie. 2001 l'odyssée de l'espace l'exprimait dans une de ses dernières images. C'est une forme qui, quand on la regarde permet une méditation, qui permet un recul, un arrêt sur image. Il y a une possibilité de se sentir bien, de se sentir prêt à aller plus loin, dans un repli sur soi qui est parfois nécessaire dans la vie. "
C'est peut-être ce qu'on appelle les bienfaits du climat : à Hyères, même les arts fleurissent.
Dirigeons-nous maintenant vers le coeur de la vieille ville à l'intérieur des remparts.
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