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Saint Savournin

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Saint Savournin

Saint Savournin - Place de l'arbre de la paix.
Situé à 480m d'altitude, c'est l'un des plus hauts villages du département. Et la vue y est saisissante ! Saint Savournin fait partie des nombreux villages de l'ancien bassin houiller de Provence, riche en lignite. Au 18e siècle, près de 300 ouvriers travaillaient dans les carrières de Saint Savournin.
D'ailleurs les ruines du hameau du Thubet porte encore les traces de ce temps où les mineurs et leur famille y étaient installés.

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Rémy Marcengo habite un peu plus loin, à la Valentine, hameau de la commune de St Savournin. Il a passé plus de 30 ans dans le charbon. Il a commencé à l'âge de 14 ans.
Psychologiquement on était prêt. On est né dans une famille de mineurs, à table, on parlait de la mine, au jeu de boules on parlait de la mine, à la fête du village et au bal on parlait de la mine et donc bon ben... et quand je travaillais pas trop à l'école... et oh! essaye un peu de... Oh j'irais travailler à la mine. Et je suis allé travaillé à la mine.
-Et quand on a 14 ans c'est pas difficile de se lever?
-Ah ben, je vous dirais pas que le premier matin y avait pas un peu le coudon comme on dit à Marseille...surtout quand je suis parti le matin...je suis parti avec mon père...et puis j'ai vu s'entrouvrir la porte de la chambre de ma grand-mère qui me regardait partir parce que ma grand-mère, quand elle me voyait partir travailler, et ben ça lui faisait pas plaisir... bien entendu hein...surtout qu'on a toujours une appréhension. Et puis non...une fois dans le car avec tous les mineurs qui vous galèjent et qui vous disent Oh pauvre, on dirait encore un minot et tu viens déjà travailler!
Rémy Marcengo a passé 3 ans " au jour ", comprenez, en haut, à la surface. Il triait le charbon qui remontait des galeries. Il est descendu dans le puits à l'âge de 17 ans.
La 1ere fois qu'on descend, vous avez une petite appréhension...et puis vous arrivez en bas vous voyez une galerie bien éclairée, bon, ça peut aller...et puis au fur et à mesure qu'on avance, et ben on est d'abord dans le rocher et puis après on arrive dans la couche de charbon, et là on marche à pied et puis on s'approche du lieu d'exploitation. La profondeur vous vous en rendez pas compte, parce que ça descend tellement vite! 7m seconde...que quand vous arriviez en bas vous aviez les oreilles bouchées. Alors on disait, tu avales la salive, comme quand on monte un col ou qu'on en descend.
Plus de 30 ans passés à la mine avec un amour du métier, qui ne l'a jamais quitté...
C'est peut-être bête ce que je vais vous dire...mais c'est peut-être cet...affrontement, le mot est peut-être un peu fort, mais entre le petit individu que vous êtes, et la nature...qui peut vous écraser, et que vous attaquez en quelque sorte...et puis la camaraderie, la solidarité...c'était à qui sortirait la plus belle, les galéjades...mais par contre pour le travail, y avait la solidarité...et ça c'était important.
Les puits de mine connaîtront le plus fort de leur activité durant la seconde guerre mondiale, avant de fermer les uns après les autres. Le dernier sera le puits Moranda de Gardanne, fermé en 2003.
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